France : des manifestations culturelles menacées ou annulées, à foison

Clément Solym - 16.03.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Fleur Pellerin - festival littérature lecture - manifestations culturelles


Plusieurs centaines des festivals en France seraient menacés, ou d'ores et déjà annulés, affirmait Le Parisien. Musique, cinéma, littérature : les manifestations s'arrêtent, faute de crédit pour fonctionner. Jean-Philippe Toussaint, président de l'Association France Festivals tirait la sonnette d'alarme. 

 

 

Forêt des Livres 2014

La forêt des livres, toujours vivace

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Plusieurs problèmes se posent, et d'autres viendront, inéluctablement, pour les festivals culturels. Les changements de mairie, et de politiques culturelles, expliquent en partie ces comportements, qui mènent à la disparition d'une manifestation. 

 

Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS, explique à nos confrères : « Cette crise va empirer, car les festivals sont à la fois plus dynamiques et plus fragiles qu'avant. La fusion des régions aura des conséquences, tant en termes de crédits pour la culture que de nouveaux changements politiques. »

 

Or, dans le même temps, la ministre de la Culture passe des accords avec les organisations, afin de maintenir les budgets opérationnels. Le ministère apporte 2 % des aides directes aux manifestations, et la ministre a tenu à vivement réagir à l'article du Parisien. « La culture est plus que jamais, en ces temps de sérieux budgétaire, un choix politique [...] qu'a fait ce gouvernement : le Premier ministre a annoncé la préservation du budget qui lui est consacré pour 2015 et son augmentation en 2016, alors même que l'État réalisera 50 milliards d'économies sur la même période. » 

 

Une quinzaine de festivals concernant la littérature et le théâtre est concernée, mais d'autres organisateurs faisaient part d'inquiétudes tout autres. En effet, le Centre national du livre a fait le choix de ne plus accorder de subventions aux manifestations dont les auteurs ne seraient pas rémunérés. Une réforme souhaitée par le président, pour apporter un nouveau souffle aux créateurs, et dont il s'expliquait dans les colonnes de ActuaLitté

 

Nul doute que cela posera des questions de financement, pour de nouvelles manifestations. « Il existe plus de 500 festivals littéraires dans ce pays. N'est-ce pas aussi parce que l'auteur, ressource première de ces manifestations, n'est pas rémunéré ce qui n'est jamais le cas lorsqu'il s'agit d'un festival de musique ou de théâtre ? Cette situation est-elle acceptable ? Je ne le crois pas. Sauf à considérer que le festival est une bonne manière d'animer un territoire sans avoir à rémunérer ceux qui en fournissent la matière », précisait-il.

 

Fleur Pellerin, à la défense des festivals en France

[La Culture] est le choix que j'invite les élus à faire à nos côtés : j'ai lancé dès le mois de décembre dernier un appel à toutes les collectivités locales, villes, communautés de commune ou d'agglomération, qui se trouvent, comme l'Etat, face à des choix budgétaires très difficiles. Je leur propose de m'engager à leurs côtés en maintenant sur leur territoire les crédits du ministère de la Culture pour les trois prochaines années s'ils acceptent eux aussi de stabiliser leurs financements. Ces pactes doivent nous permettre aussi de nous retrouver autour d'objectifs partagés de politique culturelle : c'est ainsi que nous réaffirmons concrètement que la culture se fait, sur le terrain, ensemble, collectivités et État réunis.

J'ai d'ores et déjà signé 3 pactes pour amorcer cette nouvelle dynamique, avec des villes de droite comme de gauche ; je compte en avoir signé une trentaine avant la fin du premier semestre, les élus sont intéressés, et je souhaite que tous les territoires, le plus rapidement possible, soient en mesure de faire ce choix. J'ai demandé également aux services du ministère de la Culture d'être particulièrement attentifs à chaque situation particulière, afin de rechercher à chaque fois, avec les professionnels et les partenaires concernés, toutes les solutions permettant de préserver l'intérêt général de chaque projet, collectif de chaque territoire.

Les nombreuses collectivités engagées dans la culture le savent bien : investir dans la culture aujourd'hui, dans les projets artistiques comme dans les festivals, c'est investir dans la vitalité et la créativité de demain, accessibles à tous nos concitoyens, à notre jeunesse ; c'est aussi investir dans le développement économique de nos villes et de nos régions.

Faire le choix de la culture est capital pour les Français. C'est notre manière de construire ensemble un horizon commun pour notre société.

 

Voir en plein écran