Frédéric Mitterrand adaptera La condition humaine d'André Malraux

Nicolas Gary - 09.11.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Frédéric Mitterrand - La condition humaine - éditions Gallimard


Exclusif : On sait quelle affection Frédéric Mitterrand porte au cinéma. En 1995, il s'était lancé dans la réalisation, avec une adaptation de l'opéra de Giacomo Puccini, Madame Butterfly - racontant les amours tragiques, d'une geisha avec un officier de l'armée américaine. L'ancien ministre de la Culture se tourne une fois de plus vers la Chine avec une prochaine adaptation, celle du roman d'André Malraux. 

 

 

Frédéric Mitterrand, 

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

En effet, c'est dans la révolution chinoise, en mars 1927, que s'inscrit la Condition humaine, publié en 1933, et récompensé par le prix Goncourt. Les révolutionnaires communistes préparent une insurrection dans Shanghai, qui vise à renverser le gouvernement. L'incipit est célèbre : 

Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? Frapperait-il au travers ? L'angoisse lui tordait l'estomac ; il connaissait sa propre fermeté, mais n'était capable, en cet instant, que d'y songer avec hébétude, fasciné par ce tas de mousseline blanche qui tombait du plafond sur un corps moins visible qu'une ombre, et d'où sortait seulement ce pied à demi incliné par le sommeil, vivant quand même - de la chair d'homme.

 

« C'est un projet que je compte réaliser d'ici à 18 mois. J'ai fait plusieurs repérages, mais il semble impossible de tourner ce film ailleurs qu'en Chine. Or, c'est toujours un peu compliqué avec les Chinois. J'en sais quelque chose, depuis Madame Butterfly », nous explique Frédéric Mitterrand, en marge de la Foire du livre de Brive.

 

En outre, la maison Gallimard a cédé les droits un certain réalisateur chinois, Lou Ye. Alors qu'il avait pris contact avec elle, la fille de Malraux, Florence, méconnaissant les usages, lui aurait volontiers accordé ces droits.

 

« Il y a une situation qui est un peu étrange avec Lou Ye, c'est qu'il y a deux ans, quand je voulais acquérir les droits de La Condition humaine d'André Malraux, j'ai été en contact avec sa fille Florence, qui est un être absolument délicieux. Elle ne savait pas très bien comment fonctionnaient les cessions de droits, elle a voulu me les accorder, mais entre-temps les éditions Gallimard les avaient vendus à Lou Ye. Et puis il semblerait que, finalement, le film ne se fasse pas. Il avait, je crois, le désir de faire le film pour se reconstruire une sorte de virginité officielle. J'ai comme ça une trentaine, une quarantaine de repères, ce sont des gens à qui je pense tout le temps… » (voir Blast)

 

Les droits d'adaptation cinéma ont été acquis pour la réalisation d'un film, Frédéric Mitterrand doute que cette réalisation ait lieu. La vente s'est faite en 2007, et n'a manifestement pas donné de suite pour l'heure.  « En revanche, j'ai la possibilité d'une adaptation pour la télévision », laissant entendre qu'une chaîne du service public pourrait être partenaire de cette réalisation. 

 

Il ne cache d'ailleurs pas son plaisir dans cette aventure, pas plus que son envie de débuter cette aventure : « Je n'ai pas une affection particulière pour Malraux, pour l'homme en tout cas. Mais ce livre, La Condition humaine, est saisissant. Il m'a toujours plu pour ce qu'il dévoile des hommes, de ce qui est dans leur coeur. »

 

La condition humaine, sur Chapitre