Frédéric Mitterrand : « Une politique de la culture ne se construit pas en lançant quelques chiffres »

Clément Solym - 26.07.2011

Culture, Arts et Lettres - Expositions - mitterrand - ministère - culture


Suite aux propositions faites en faveur de la culture par Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, lors de son passage au Festival d’Avignon, Frédéric Mitterrand a décidé de faire le point sur sa vision de l’actuel engagement culturel de l’Etat. Et pour cela, le ministre a choisi de publier une tribune dans Le Monde.

S’il attaque le programme socialiste en matière de culture, il s’attache, bien entendu, à faire un beau tableau de l’action menée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy depuis 2007. En s’arrogeant le pouvoir de s’élever au-dessus des querelles partisanes, que l’on soit de gauche ou de droite, le ministre ne fait qu’y retomber profondément.

Pour ce qui est des propositions de Martine Aubry au Festival d’Avignon, Frédéric Mitterrand déclare ainsi que « Cette homélie de circonstance se caractérise par des annonces budgétaires démagogiques, des préconisations superficielles qui entérinent des situations existantes dans le spectacle vivant - à l'instar des 10 % consacrés aux artistes émergents -, des projets vagues comme les coopératives artistiques, sans oublier la condamnation de la loi Hadopi ».


Voyons un peu ce qu’il raconte quand il parle, cette fois, au nom de l’action gouvernementale en matière de culture. Tout d’abord un point budgétaire : « Les moyens mobilisés par l'Etat en faveur de la culture et de la communication s'élèvent à 8,4 milliards d'euros en 2011. Il convient d'y ajouter les 750 millions d'euros issus du grand emprunt et destinés aux investissements d'avenir, qui vont constituer un formidable accélérateur en faveur de la numérisation de notre patrimoine. »

Pour l’actuel ministre, ramener le budget du ministère de la Culture à 2,7 milliard, « c'est se limiter à une vision étroite de l'action du ministère, c'est oublier le livre, le cinéma, les industries culturelles et la communication. » Et d’ajouter qu’entre 2007 et 2011, une augmentation de 1,5 milliard a été octroyée à la culture.

Ces moyens permettent, selon M. Mitterrand, de mener à bien les fonctions de son ministère : « assurer l'accès du plus grand nombre aux œuvres de l'esprit […] la préservation et la valorisation de nos patrimoines, l'élargissement des publics, en d'autres termes la démocratisation culturelle. » Pas de désengagement de l’Etat en vue, pour le ministre.

Mais, quand M. Mitterrand tape sur la gauche en affirmant « Claironner les vertus supposées d'une "culture de gauche" lorsqu'il s'agit d'un bien public appartenant à toute la République sans exclusive », il ne fait que retomber, lui-même, dans une opposition bien simpliste… On assiste, encore là, à une nouvelle guerre des chiffres…