Gallimard développe la vente des droits audiovisuels avec ses auteurs

Nicolas Gary - 29.01.2015

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - droits audiovisuels - cinéma littérature - Gallimard livres


Le Salon des lieux de tournage est une initiative soutenue par la Région Île-de-France. Il se déroule les 3 et 4 février au Carreau du temple et propose un espace de rencontres pour les professionnels du cinéma. D'un côté se trouvent les réalisateurs et producteurs, de l'autre les responsables de sites où pourraient intervenir des tournages. Pour la deuxième année, le groupe Gallimard y prendra part, autour d'une animation spécifique, Un livre, Un lieu. 

 

 

 

Créé par la Commission du Film d'Île-de-France, le Salon entame sa 5e édition. Yann Marchet, de la Commission du Film, insiste sur l'approche expérimentale de la collaboration avec le groupe éditorial : « L'an passé, douze auteurs étaient invités, pour présenter leurs ouvrages, devant les professionnels. Cette année, nous avons organisé, plus en marge de l'activité globale du Salon, une rencontre avec une vingtaine de producteurs, qui découvriront les ouvrages. »

 

Bien entendu, pour une maison, la vente des droits audiovisuels d'un livre représente une négociation financière et promotionnelle importante. Une affiche de film, fruit d'une adaptation de livre, représente une occasion supplémentaire de communiquer auprès du public. « La collaboration avec Gallimard découle d'une rencontre, et nous ne pouvons que nous réjouir de pouvoir affiner ce partenariat, en proposant un échange de qualité pour leurs ouvrages. »

 

L'éditeur de la rue Gaston Gallimard présentera cette année six ouvrages, « une voilure réduite, pour disposer d'une meilleure attention », assure-t-on. Les critères de sélections restent simples : la disponibilité de l'auteur, la recherche d'une variété dans les espaces romanesques, et une adéquation avec les lieux représentés sur le Salon. Bien entendu, « il faut avant tout que nous disposions des droits audiovisuels », insiste la maison : il serait regrettable que, contractuellement, ces derniers soient indisponibles.

 

La liste est d'ailleurs éclectique, représentant plusieurs des maisons du groupe, chacun des ouvrages prenant racine dans un lieu spécifique :

 

Au fer rouge de Marin Ledun (Flammarion – Ombres Noires) 

Avec Ecla Aquitaine Tournages

Et ils oublieront la colère d'Elsa Marpeau (Gallimard — collection Série noire), en présence d'Elsa Marpeau

Avec la Région Bourgogne

La vie de jardin d'Alexis Brocas (Gallimard – collection Blanche), en présence d'Alexis Brocas

Avec Hauts-de-Seine Tourisme

Histoires naturelles de l'oubli de Claire Fercak (Gallimard — Verticales), en présence de Claire Fercak

Avec le Museum d'Histoire Naturelle/Paris Film

Gabrielle d'Agnès Vannouvong (Mercure de France), en présence d'Agnès Vannouvong

Avec la SNCF

Le professeur de musique de Yaël Hassan (Casterman Jeunesse) 

Avec l'Orchestre national d'Ile de France

 

 

Promouvoir les livres et encourager la production

 

L'année passée, le livre de Maylis de Kerangal, Réparer les vivants, faisait partie des ouvrages exposés. « Il n'est pas possible d'affirmer que, grâce à notre implication au Salon, les droits du livre ont été vendus, mais le livre de Maylis a été acheté par la suite. Notre démarche est avant tout de s'associer à un espace, pour mettre en œuvre un mécanisme d'échange avec les producteurs, réalisateurs, et les personnes chargées des repérages. » 

 

La réussite de l'édition 2014 a d'ailleurs conduit la responsable des droits audiovisuels du groupe Madrigall, Frédérique Massart, à intervenir pour une action similaire lors du Festival de Cannes. Un public international, cette fois, et un choix d'ouvrages reposant sur des critères bien différents.  

 

Le choix de 2015 s'appuie une fois encore sur des titres répondant, par leur centre d'action, aux lieux (re) présentés au Salon. « Nous disposerons également d'un stand pour montrer leurs ouvrages, ainsi que d'autres des catalogues de Gallimard, Flammarion, Casterman, Mercure de France, Ombres Noires et Verticales. »

 

Quant au Salon lui-même, il invitera également des location-managers, personnes chargées d'avoir une vue globale sur les lieux de tournage et prenant en compte bien plus que le simple repérage. Financement, avantages territoriaux, fiscalité ou encore sécurité interviennent en effet pour séduire ces interlocuteurs qui jettent des ponts entre la France et l'étranger. 

 

C'est qu'il y a toujours deux approches : « Les repéreurs peuvent être à la recherche d'un lieu, parce qu'ils disposent d'une histoire spécifique, et souhaitent alors trouver l'espace le plus adapté pour le tournage. Mais le lieu peut également être constitutif de l'histoire, intervenir comme un véritable personnage », indique Yann Marchet. 

 

La découverte des lieux de tournage et de leur potentiel cinématographique prend une dimension littéraire avec la présence d'histoires liées aux lieux. « C'est ici que notre collaboration avec le groupe Gallimard intervient plus précisément, dans la mise en relation des uns et des autres. » 

 

Pour l'heure, l'initiative Un livre Un lieu s'organise uniquement autour des livres proposés par l'éditeur. « Bien entendu, nous ne sommes pas fermés à d'autres échanges, qui pourront prendre des formes différentes, pour être toujours les plus adaptés aux besoins de département de vente de droits », conclut-il.