Garfield, Zorro ou Oggy et les cafards : l'animation française cartoon à l'étranger

Clément Solym - 20.09.2016

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - série animation cinéma - export séries France - adaptations séries produire


Les tendances 2015 pour les programmes audiovisuels affichent une belle santé, selon le CNC : 164,2 millions € de vente, avec une progression de l’animation, de la fiction et du documentaire. Les programmes s’exportent bien, et parmi eux, les adaptations ou inspirations ont une belle place.

 

 

 

En 2015, l’animation était le premier genre à l’export, représentant 30,8 %, soit plus de 50 millions €, tandis que la fiction, avec 25,1 % arrivait en deuxième place. Partout en Europe, Moyen-Orient et Afrique, les compteurs sont à la hausse : l’Europe représente 60,9 % des ventes. « La zone germanophone (Allemagne, Autriche) demeure le 1er débouché international pour les programmes français (-16,5 % à 19,2 M€) devant la Belgique (+16,4 % à 15,2 M€). »

 

Pour exemple, Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils, téléfilm de Pierre Aknine de 2013, était adapté du roman de Jacques Expert. Et son succès au Portugal est indéniable : ce fut la meilleure audience de la chaîne Antena 3, avec 17,5 % de PDA.

 

« Les séries d’animation comme Les Chroniques de Zorro, Polo ou Garfield & Cie, des fictions comme Cherif, Un Village français ou Versailles, et des documentaires comme Après Hitler ou Illustre et Inconnu – Comment Jacques Jaujard a sauvé le Louvre montrent la richesse de la production française et attirent les acheteurs du monde entier », constate d’ailleurs le CNC. 

 

 

 

Garfield & Cie s’avère être l’un des films d’animation qui s’est le mieux vendu en 2015. Cette production de Dargaud Media, maison du groupe Média Participations, fut conçue en 2008 sous la forme d’une série d’animation 3D, avec un réel succès en France. Les Chroniques de Zorro ne sont inspirées que de très loin par le feuilleton que Johnston McCulley avait fait paraître en août 1919. La notoriété du personnage n’est aujourd’hui pas à faire. Mais une fois encore, la série a su convaincre. 

 

“La littérature reste un puissant creuset d’inspiration“ pour les séries  

 

Quant à Oggy et les cafards, c’est une licence abondamment déclinée, notamment dans les bandes dessinées que publie Dargaud. Créée par le dessinateur Jean-Yves Raimbaud, cette série fut originellement diffusée en septembre 1999. C’est à lui que l’on doit également Les Zinzins de l’espace

 

Tout cela a de quoi confirmer l’idée que Fleur Pellerin avait lancée que de mettre en place un Festival international des séries télévisées. Dans une étude présentée en 2013, la SCELF indiquait que 40 % des grands succès cinématographiques sont des adaptations de livres. Toutefois, pour les producteurs français, le recours à des adaptations d’œuvres littéraires semble être devenu une mesure de sécurité, en ce qui concerne les retours financiers. En sera-t-il autrement pour les séries télévisées ?

 

En avril dernier, Audrey Azoulay soulignait que les productions de séries en France avaient un succès grandissant à l’export. Et d’ajouter que « la vitalité de la production française et européenne constitue un enjeu majeur pour la défense de l’exception culturelle ». On sait désormais quoi faire.