Golgota picnic : entre un Christ insulté et une laïcité à protéger

Clément Solym - 12.12.2011

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Golgota picnic - Jesus Christ - théâtre


Elle continue d'opposer des représentants d'un christianisme forcené et des défenseurs motivés de la liberté de création. Golgota Picnic, c'est probablement LA pièce de cette fin d'année. Et cela faisait longtemps que le théâtre n'avait pas profité d'une telle polémique.


Alain Escada, secrétaire général de l'Institut Civitas qui a poussé les manifestations depuis les premières heures, à Toulouse, bien avant que la pièce n'arrive à Paris au théâtre du Rond-Point, continue ses invectives. « Ce spectacle est une injure au Christ. Les scènes et les dialogues sont viscéralement antichrétiens, sordides, pervers et humiliants, les évangiles y sont présentés de façon ordurière », rapporte l'AFP.

 

Et impossible de continuer de voir l'image du Christ dans un spectacle tout simplement blasphématoire. Et mois encore, d'envisager le personnage « insulté, humilié, souillé, recrucifié ».

 

Juger le théâtre au trébuchet de la morale chrétienne ? Difficile. Au point que Frédéric Mitterrand soit intervenu pour réclamer que la laïcité de la République soit protégée.

 

 

Lui-même revendiquant un agnosticisme, bien qu'une tradition chrétienne, ne comprend pas les réactions de l'institut Civitas. « Je ne sais pas ce que c'est que cette notion de blasphème. On est dans un pays laïque et chacun a le droit de soutenir ses opinions », précisait le ministre sur Canal +.

 

« Je suis très attaché à la tradition chrétienne dans notre pays. En tant que ministre de la Culture, je soutiens tous les maires qui me demandent de les aider à reconstruire leur chapelle, etc. », souligne le ministre. Et d'ajouter : « Mais en même temps, je suis de tradition républicaine, donc je trouve que la liberté de conscience et la laïcité de l'État doivent être protégés quoi qu'il en coûte. »

 

Ce dimanche, ils étaient entre 2000 selon la police, ou 3 à 4000 selon les organisateurs, à être venu marcher depuis la place de l'Alma jusqu'au théâtre du Rond-Point pour dénoncer la pièce de Rodrigo Garcia.

 

Christophe Girard, adjoint du Maire de Paris à la Culture a revendiqué pour la capitale tout à la fois l'indépendance de programmation et la liberté des théâtres ou établissements culturels qui perçoivent une subvention publique. « Cette surenchère à laquelle on assiste ne doit pas faire oublier qu'une majorité de catholiques, une majorité silencieuse, ne se retrouve pas dans les menaces et les tentations d'atteinte à la liberté de création », explique-t-il.