Goncourt du premier roman : Alexandre Postel, Un homme effacé

Cécile Mazin - 05.03.2013

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - goncourt - premier roman - Gallimard


La récompense vient de tomber, et l'annonce suit : le Goncourt du premier roman est cette année décerné à Alexandre Postel, pour son livre paru chez Gallimard, Un homme effacé. Avec sept voix sur les dix que compte l'Académie Goncourt, le jeune romancier, né en 1982, a fait l'unanimité. 

 

 

 

Damien North est professeur de philosophie dans une université cossue. Veuf, il mène une vie triste et solitaire. Mais un jour, il est embarqué par la police qui l'accuse d'avoir téléchargé sur son ordinateur des images provenant d'un réseau pédophile... L'affaire fait grand bruit, d'autant que Damien est le petit-fils d'Axel North, figure politique historique. L'inculpé a beau se savoir innocent, chacun se souvient d'un geste, d'une parole qui, interprétés à la lumière de la terrible accusation, deviennent autant de preuves à charge. 

Même une banale photo de sa nièce, unique enfant de son entourage, ouvre un gouffre d'horribles suppositions. Le terrible engrenage commence tout juste à se mettre en marche. Alexandre Postel décrit avec acuité la farce des conventions sociales, les masques affables sous lesquels se cachent le pouvoir, la jalousie ou le désir de nuire - et les dérives inquiétantes d'une société fascinée par les images.

 

« Le style glacial, imprégné d'un humour distant, évite toute compassion et tout sentimentalisme, restituant très efficacement la solitude effrayante du personnage », souligne l'éditeur.