Goncourt, Femina, Renaudot : les grands prix ripostent

Clément Solym - 01.04.2011

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - goncourt - femina - renaudot


Renaudot, Goncourt et Femina, trois prix littéraire parmi les plus renommés ont décidé d’associer leurs forces afin de créer une instance plus influente sur le monde littéraire français.

Ces trois prix se revendiquaient tous comme une référence, aujourd’hui ils ont décidé de devenir La référence. L’idée est de lutter contre la surproduction des prix littéraires, autant que la surproduction de livres. En pratique, ce sera simple : disparaition des trois grands, au profit d'un seul. Mais remis tous les trois ans.

Trop de prix, tue le prix (surtout unique)

Il est vrai qu’on ne les compte plus. Récemment, on a même créé le Prix des prix (notre actualitté). Un prix de plus, censé élire le meilleur livre, parmi les lauréats des autres prix, mais qui rajoute seulement une nouvelle récompense à la longue liste. « Ce Prix des prix est une imposture » frémit Franz-Olivier Giesbert, membre du Renaudot, « en quoi apporte-t-il plus de lisibilité. Et surtout, si nous les supprimons tous, qu'auront-ils à se mettre sous la dent ? »

Bien fait !

Il ajoute « Cette union Goncourt- Femina - Renaudot sera bénéfique pour le livre, d’ailleurs, le prix Renaudot et le prix Goncourt sont très liés historiquement. » En effet, le prix Renaudot avait été créé, en 1926, par une poignée de critiques littéraires et de journalistes qui attendaient la délibération du Goncourt. Quant au prix Femina, il apparaissait en 1904, seulement un an après la proclamation du premier prix Goncourt et se présentait alors comme le pendant féminin du Goncourt, plutôt consacré aux hommes.


Le prix GFR


Pour sa désignation, les membres du jury ne souhaitaient pas avoir recourt aux acronymes, qu’ils jugeaient « impropres à un prix littéraire », mais il était difficile d’y échapper ici.

Non seulement le prix GFR apportera une lisibilité conséquente sur les meilleurs ouvrages de la saison littéraire, mais de plus il mettra en valeur l’incontournable livre de l’année, sans ajouter un prix de plus à la liste. Il apparaît clairement comme une contestation du Prix des prix, qui a été vécu par les jurys des trois prix comme une « récupération de leur travail », souligne Bernard Pivot.

En outre, la création de ce prix devrait engendrer une sélection plus qualitative lors de la parution des livres : « Nous espérons, avec cette décision commune, parvenir à un consensus auprès des maisons. Tout à la fois pour les inciter à publier moins, mais surtout à publier mieux. », poursuit-il.