Google a fait à la Paramount une offre qu'elle ne pouvait pas refuser

Clément Solym - 05.04.2012

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Google Play Films - YouTube - Paramount


Comme si Corleone et Tattaglia avaient finalement décidé de partager les cannelloni : Google vient de signer un accord avec la Paramount pour faire figurer une partie du catalogue du studio (environ 500 références) dans la gamme de films en location via YouTube et Google Play. Ce n'était pourtant pas gagné, avec un procès de Viacom, maison-mère de Paramount, intenté à Google il y a plus de cinq ans. Mais les parrains de Mountain View ont su être persuasifs...

 

D'abord Colombia, Warner Bros. et Universal. Plus récemment, Walt Disney Studios. Et aujourd'hui : la Paramount, qui vient également d'accepter les conditions d'utilisation de Google. Avec la mise en location sur YouTube et Google Play Films de quelques 500 références du catalogue du studio centenaire, la société californienne a fait plier 5 des 6 grands studios américains : seule 20th Century Fox se refuse encore à franchir le pas.

 

L'interface de location YouTube, version française

 

Le Parrain, Hugo Cabret ou Transformers sont ainsi disponibles dès aujourd'hui sur la plateforme de location, même si des restrictions s'appliquent encore selon les pays. Pour 48 heures de location, l'addition s'avère plutôt salée, surtout pour le Tintin raté de Spielberg : 3,99 €, et comptez 1 € de plus pour pouvoir bénéficier de la HD messieurs-dames. 

 

Le catalogue de YouTube, lancé en 2010 par un premier partenariat avec le Festival de Sundance, recense désormais 9000 films, du moins en Amérique du Nord : si l'extension à au moins 10 pays est prévue dans le contrat avec la Paramount, aucune information n'est encore disponible à ce sujet.  La Paramount s'est en tout cas montrée plus encline à partager les droits de la trilogie de Coppola avec le moteur de recherche qu'avec les descendants de Mario Puzo. (voir notre actualitté)

 

L'accord entre Paramount et Google a surpris : Viacom, la maison-mère du studio, réclamait encore 1 milliard $ de dédommagements à la plateforme de streaming pour avoir laissé des utilisateurs uploader illégalement des extraits de ses séries et émissions, parmi lesquelles South Park, The Daily Show ou Bob l'Éponge. Le fait que l'actuel directeur du contenu numérique de YouTube, Malik Ducard, soit un ancien de chez Paramount explique peut-être cette soudaine réconciliation.