Google Art Project, un regard GPS des musées du monde

Clément Solym - 07.02.2011

Culture, Arts et Lettres - Expositions - google - art - project


Google Art Project, la version Street View des musées du monde, a provoqué son petit lot de réaction. Cette numérisation des établissements que l'on n'aura peut-être pas le temps d'aller voir au cours de sa vie, comme tous les développements de Google, ne manque pas d'audace...

Bienfait ou non, le Art Project permet de visiter depuis son écran d'ordinateur 17 musées en tout, qui ont été numérisés, et dont on peut s'offrir la visite à bas coût. Certes intéressant, mais pas absolument réussi. On ne compte pas le nombre de clichés qui soient surexposés à Versailles, par exemple, rendant illisible la pièce dans laquelle on se trouve. (notre actualitté)

Au moins avec Art Project, il y a de fortes chances que l'on n'ait pas de problème avec la violation de la vie privée - ce qui n'empêchera pas d'autres questions de jaillir par la suite.


L'idée que ce service puisse entrer en concurrence avec les musées, les vrais semble peu probable. D'abord, parce qu'une simple version en DVD permettant une visite numérique de ces lieux est, certes payante, mais avant tout plus visuellement à même de rendre hommage à la qualité des oeuvres.

Ensuite, nous souligne un employé de la Directrion des musées de France, « on ne peut pas tout à fait omettre une concurrence déloyale. Pas tant sur le fait de la gratuité du service - encore que cet enjeu posera question - mais plutôt sur l'éducation artistique qu'il propose. Un musée, c'est avant tout un parcours, ce n'est pas une route qui défile comme sur un GPS ».

Le fond du problème est bien de se dire qu'à visiter derrière son écran, l'oeil aura une vision faussée de la réalité des oeuvres et des salles - sans prendre l'internaute pour un écervelé, incapable de se le dire. Cependant, « c'est une chose de voir une reproduction photographique de la galerie des glaces, c'est en une autre de voir cette même galerie. Google vient ici de trouver une troisième voie : celle de 'mévoir' un musée. Mais en soi, c'est mieux que rien, il faut l'avouer ».