Gouvernance, ligne éditoriale, sexisme : le festival de la BD d'Angoulême va bouger

Nicolas Gary - 12.07.2016

Culture, Arts et Lettres - Salons - FIBD gouvernance - mission mediation Angoulême - fibd angouleme


Le médiateur nommé par la ministre pour concilier les différentes parties autour du Festival de la BD d’Angoulême a remis ses premières conclusions. Plusieurs propositions formulées montrent avant tout le besoin d’un « profond changement de gouvernance du festival », mais également « la clarification de la ligne éditoriale et artistique ». 

 

Angoulême FIBD

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Si la rue de Valois affiche la couleur, c’est avant tout pour rappeler que « le FIBD occupe aujourd’hui une place essentielle dans le paysage artistique et culturel du pays ». Mais également dans la promotion de la bande dessinée travers le monde. Le point d’étape de la mission de médiation confiée à Jacques Renard montre ainsi « le profond attachement de l’ensemble des acteurs concernés à la pérennité et au développement » du FIBD.

 

Sauf que les pouvoirs publics ont pu être clairement entendus – tant l’État que les collectivités territoriales. Et, de leurs côtés, organisations d’auteurs et d’éditeurs ont également pu apporter leur pierre indispensable à l’édifice. La médiation était partie de ce que les éditeurs avaient, originellement, menacé de boycotter l'édition 2017.

 

Deux grandes orientations sont prévues, d’abord avec une réforme de la gouvernance du FIBD. Il a en effet été décidé de mettre en chantier une réforme institutionnelle d’envergure.

 

Celle-ci sera destinée :

à rassembler l’ensemble des acteurs concernés, qui ne disposent pas aujourd’hui d’une instance de dialogue et de concertation ;

et aussi, dans le plein respect de l’indépendance de programmation du festival, à mieux associer les financeurs publics et privés aux grandes décisions afférentes à la manifestation, dès lors que l’apport constant et à niveau élevé de ceux-ci est, d’année en année, la condition sine qua non de la tenue du festival et de la préservation de sa vocation locale, nationale et internationale.

 

Étape 1 : Création d’une association de préfiguration dès la rentrée prochaine

 

Elle regroupera à la fois :

  • les partenaires publics que sont le ministère de la Culture et de la Communication et son opérateur le Centre national du livre, la ville d’Angoulême, la communauté d’agglomération du Grand Angoulême, le département de la Charente, la région Nouvelle Aquitaine, la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) ;
  • les organisations professionnelles représentatives du secteur de la bande dessinée : SNE (Syndicat national de l’édition), SEA (Syndicat des éditeurs alternatifs), SNAC (Syndicat national des auteurs compositeurs) ;
  • les institutions et structures actives en matière de bande dessinée à Angoulême (CIBD, Magelis, etc.). L’association « festival international de la bande dessinée » a pareillement vocation à en faire partie et est sollicitée à cet effet ;

 

Cette nouvelle association recevra les subventions et apports de ses membres fondateurs et disposera d’une convention d’objectifs et de moyens, applicable à partir de l’édition 2018. Cette convention définira les grands objectifs que les collectivités publiques et les organisations professionnelles assignent à la manifestation ainsi que les moyens financiers alloués en conséquence ;

  • Elle sera une structure légère, qui définira la ligne éditoriale ;
  • Elle proposera à la société 9ème Art+, opérateur de la manifestation et responsable à ce titre de sa gestion, de son organisation et de sa programmation, à l’issue d’une étroite concertation, un contrat pluriannuel renouvelable d’une durée conforme aux modalités habituelles d’intervention des pouvoirs publics.

 

Dans un second temps sera créée une structure définitive, qui prendra le relais de l’association. Elle aura alors des objectifs fixés et des ressources spécifiquement allouées par les pouvoirs publics ainsi que les organisations professionnelles. On parle également de la création d’un Groupement d’Intérêt Public, mais, à cette heure, aucune solution juridique n’est écartée.

 

Concernant la partie artistique, « un comité de concertation, présidé par le médiateur, a été créé entre la société 9ème Art+, le SNE, le SEA, le SNAC, ainsi que le Collectif des créatrices de BD contre le sexisme ». Ce dernier aura pour objet de préparer dans les meilleures conditions la version 2017 du FIBD. Première mesure adoptée, « l’introduction systématique de la parité hommes/femmes dans les instances de sélection et les jurys institués par le festival ou ses partenaires ».

 

Mais que l’on se rassure, c’est désormais officiel, la 44e édition aura bien lieu...