Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Grand Budapest Hotel : l'hommage de Wes Anderson à Stefan Zweig

Antoine Oury - 24.02.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - The Grand Budapest Hotel - Wes Anderson - Stefan Zweig


Ce mercredi, il sera possible de réserver sa chambre - pour quelques heures seulement - au sein du Grand Budapest Hotel, le nouveau film du réalisateur américain Wes Anderson. Le réalisateur du Darjeeling Limited ou Fantastic Mr. Fox s'est entouré de Ralph Fiennes, Tony Revolori, Willem Dafoe, Jeff Goldblum, Bill Murray et Mathieu Amalric pour un long-métrage dédié à Stefan Zweig.


Adrien Brody (Dmitri)

 

 

Présenté à Berlin, le film a reçu l'assentiment de la plupart des critiques, qui ont salué sa beauté formelle autant que son écriture précise. Pour cette dernière, Wes Anderson ne cache pas sa référence : « Les Européens sont étonnés que nous ne connaissions pas plus cet écrivain. Le Grand Budapest Hotel n'est pas tiré d'une de ses histoires, mais il y a une certaine atmosphère, un univers et mon intention était de proposer notre propre version d'une histoire de Zweig », a expliqué le réalisateur lors d'une conférence de presse.

 

Le réalisateur est souvent considéré comme un érudit, et multiplie les références culturelles et littéraires dans ses films. Toutefois, il n'avait jamais fait aussi ouvertement référence au travail de l'auteur autrichien. « Si vous lisez ses livres, pratiquement chaque histoire commence avec quelqu'un qui raconte cette histoire à quelqu'un d'autre », expliquait-il à Matt Zoller Seitz dans The Wes Anderson Collection. Une influence narrative que le réalisateur aurait appliquée à une bonne partie de sa filmographie.

 

Les inspirations de Grand Budapest Hotel furent nombreuses : côté cinéma, le réalisateur cite Grand Hotel de Edmund Goulding (1932), mais également Jeux dangereux (To Be or Not To Be, 1942) d'Ernst Lubitsch. Soit des réalisateurs européens qui lorgnaient du côté des États-Unis, tandis qu'Anderson fait aujourd'hui l'inverse... Il a souligné, malgré tout, l'influence majeure de Zweig : « C'est plus ou moins du plagiat. »