Guillaume Gallienne adapte le "Train" de Simenon, bientôt sur France Culture

Orianne Vialo - 09.05.2016

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Guillaume Gallienne France Culture - spectacle radio adaptation - Comédie Française Guillaume Gallienne


Dimanche à 21 h, les auditeurs de France Culture pourront découvrir la toute dernière représentation de Guillaume Gallienne et d’une troupe de comédiens de la Comédie française. Dans un spectacle radiophonique — le premier d’une série à venir —, les comédiens interpréteront Le Train, adaptation du roman de l’auteur belge Georges Simenon publié en 1961 aux éditions Presses de la Cité.  

 

Guillaume Gallienne lors d'une cérémonie des Oscars 

(Georges Biard / CC BY-SA 3.0)

 

 

John Simenon, fils de Georges Simenon considère cette scène comme « magique » et « magistrale. [...] Les silences de la salle étaient fracassants, moi-même, je retenais mon souffle ». Enregistrée en public, la représentation a été mise en scène par Blandine Masson (conseillère de programmes pour la Fiction sur France Culture), tandis que la narration est rythmée par les notes de musique émises par les musiciens présents eux aussi sur scène.

 

Contacté par le patron de la Comédie française Éric Ruf, l’acteur, scénariste et réalisateur français Guillaume Gallienne a tout de suite accepté de jouer le personnage de Marcel Féron dans ce projet d’envergure. « J’adore Simenon, j’ai été élevé avec Simenon », s’exclamait Guillaume Gallienne dans une interview accordée à l’AFP. 

 

L’Occupation de la Deuxième Guerre mondiale contraint Marcel Féron à l’exode dans toute la France. Séparé de force de son épouse pourtant enceinte de sept mois, et coupé de ses racines, Marcel se retrouve dans un wagon de marchandises bondé, où il rencontre Anna Kupfer, une jeune et jolie Tchèque. L’homme tombe instantanément sous son charme, et tous les spectateurs sont témoins de l’idylle naissante qui naît entre les jeunes gens. 

 

Dans cette adaptation signée Pierre Assouline, Marcel écrit une longue lettre datée de 1961 à son fils, dans laquelle il lui raconte ce fameux voyage en train. Dans son courrier, Marcel livre tous les détails de son histoire d’amour avec Anna, à la manière d’un testament. 

 

« C’est une façon de lui dire : “On t’a inculqué des préceptes petits-bourgeois toute ta vie, mais je te laisse ça, pour que tu saches que ton père n’est pas que cela” », interprète le comédien. « Pour qu’il sache que cet élan de virilité amoureuse est possible et s’autorise à vivre un jour sans complexe sexuel ». D’après lui, Simenon a l’intelligence de raconter toujours en même temps la marche du train, la débâcle, la découverte de cette passion et ces semaines qui s’écoulent.

 

À mi-chemin entre un portrait de la France de mai 1940 et ses civils fuyant les bombardements nazis, et la confession d’une passion adultérine, Le Train dévoile l’histoire d’un homme qui n’hésite pas à dire la vérité telle qu’elle est à son fils. « Je le trouve plutôt courageux dans son honnêteté. Il ne ment à personne ! », avoue Guillaume Gallienne. 

 

Ce n'est pas la première fois que l'histoire du Train est retravaillée. En 1973, le réalisateur Pierre Granier-Deferre avait adapté le roman de Georges Simenon sur grands écrans, avec Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant en tête d'affiche. 

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