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H.R. Giger, le véritable 8e passager, s'expose à Nantes

Bouder Robin - 16.08.2017

Culture, Arts et Lettres - Expositions - exposition h r giger - exposition alien - alien hr giger


Si vous devez remercier quelqu'un pour vos pires cauchemars ou votre amour de la SF et de l'horreur, c'est bien Hans Ruedi Giger. Né Hans Rudolf Giger, l'artiste a connu son heure de gloire en 1979 grâce à Alien, de Ridley Scott. Et pour cause : c'est lui qui a conçu la créature. Mais H.R. Giger, ce n'est pas que ça... Ça tombe bien, le reste de son œuvre est exposé gratuitement au Lieu Unique, à Nantes, jusqu'au 27 août.


Necronom (Alien 3), H.R. Giger


 

De sculptures en tableaux, voyagez dans l'esprit tordu mais génial de H.R. Giger. Le Lieu Unique vous propose de faire un tour de ses œuvres, de ses débuts à ses réalisations les plus célèbres. C'est en 1968 que le graphiste suisse se fait connaître grâce à sa sérigraphie Biomechanoiden, troublant mélange de corps humains et de machines.

 

Il inventera d'ailleurs le terme de biomécanique, nouvel art fusionnant organique et mécanique. Autre caractéristique de Giger : sa manière de jouer avec la lumière et les ténèbres pour mettre en valeur la pénombre, quelque part entre les deux. Une façon effrayante d'interroger le spectateur sur le futur de notre humanité ; la vision sombre et pessimiste de l'illustrateur en dérangera beaucoup.

 

Son histoire avec le monde du cinéma, bien que célèbre, ne sera finalement pas si enrichissante que cela. Il faut dire que Giger a participé à de nombreux projets... avortés. Entre autres, le Dune de Jodorowsky, pour lequel il aura en vain réalisé quelques dessins. En vain ? Pas tellement en fait, puisque cela aura permis à Ridley Scott de repérer son travail et de l'embaucher sur son film Alien. Giger gagnera l'Oscar des meilleurs effets spéciaux en 1980.
 

Le fils de Frank Herbert annonce trois romans graphiques tirés de Dune

 

Son travail sera réutilisé pour Alien 3, en 1995, mais pas grand-chose de plus. Les créatures qu'il aura conçues pour des films comme Poltergeist 2 ou La Mutante n'auront pas la place qu'elles méritent, et Giger lui-même se dira déçu d'avoir constaté qu'on aura utilisé son nom comme une publicité plus qu'autre chose...




 

Dans les années 1970, Giger découvrira ce qui deviendra son outil de prédilection : l'aérographe, bien plus utile et rapide pour dessiner ses cauchemars et ses idées noires que la peinture à l'huile. Le visiteur pourra en admirer à l'envi toute la froideur et la beauté à travers ses Landschafts et ses charmants bébés robotisés.

La sculpture, elle, viendra plus tard, et l'exposition en propose quelques-unes, dont le fameux Necronom ayant inspiré la créature la plus célèbre du cinéma de SF.
 

Les 22 arcanes du Tarot de Giger, entre chair, métal et occultisme

 

Si l'œuvre de Giger est aujourd'hui adulée, ça n'a pas toujours été le cas, bien au contraire. Trop provocateur, l'artiste a été censuré dans son pays, ainsi qu'aux États-Unis, où on l'accusait de délivrer des images pornographiques. Qu'à cela ne tienne, Giger construira son propre musée en 1998, à Gruyères (Suisse).

Et pas besoin de musées ou de livres d'art, alors que la culture populaire s'est totalement emparée de son style, que ce soit dans le cinéma, dans le jeu ou même dans la musique...

 

Si vous passez cet été dans la ville de Jules Verne, ne vous arrêtez pas aux Machines de l'île  : l'exposition Seul avec la nuit se tiendra jusqu'au 27 août au Lieu Unique, et vaut le coup d'œil. Attention aux âmes sensibles...