Herta Müller, une voix contre la dictature

Clément Solym - 09.10.2009

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Nobel - 2009 - Herta


On s’attendait au nom de Philip Roth, Amos Oz ou encore Mario Vargas Llosa pour le Prix Nobel de Littérature mais les Suédois ont encore une fois surpris les plus perspicaces. C’est Herta Müller, peu connue du grand public, qui a remporté les voix du jury, en repartant avec 10 millions de couronnes suédoises (980.000 euros).

Toutefois, et c'est assez étrange pour le relever, nos confrères de Bibliobs notent qu'un blogueur américain avait fait savoir que selon lui, ce serait bien Herta Müller qui obtiendrait ce prix. Il s'appuyait notamment sur la hausse récente de sa cote sur les sites de paris en ligne...

Née en 1953, dans le petit village roumain Nitchidorf, Herta Müller fit des études de littérature allemande et roumaine avant d’être embauchée comme traductrice. Mais elle va très vite s’opposer aux dérives du système dictatorial mis en place par Nicolae Ceausescu. Une fois licenciée, elle n’aura de cesse, par la suite, de dénoncer les actes commis par ce système politique.

Finissant par être sérieusement inquiétée par la police secrète roumaine, elle fuit le pays en 1987, aux côtés de son mari, l’écrivain Richard Wagner, pour venir s’installer en Allemagne. Vivant désormais à Berlin, elle est membre de l’Académie allemande de langue et littérature.

Toutefois, celle qui a publié avec succès en 2009 Atemschaukel, a du mal à croire au choix du jury de Stockholm. Douzième femme à obtenir ce prix, Herta Müller n’a jamais posé les armes de la contestation écrite. Son dernier ouvrage vient notamment évoquer l’exil des Germano-Roumains en Union soviétique. C’est à partir de l’expérience d’enfermement vécue par sa mère qu’elle a pu écrire ce livre.

Le monde des lettres en Allemagne ne tarit pas d’éloges au sujet de Herta Müller. Günter Grass, lui-même consacré en 1999, se dit très content du choix fait par le Nobel.