Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Histoire, Fantasy, Zombies et Espagne se retrouvent à Epinale

La rédaction - 21.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Les Imaginales - Fantasy - Espagne


Depuis leur création en 2002 par la Ville d'Epinal, les Imaginales n'ont cessé d'évoluer pour devenir l'un des premiers salons internationaux de littérature d'imaginaire, et en particulier de fantasy. Quatre jours durant, plus d'une centaine d'invités venant de divers horizons (France, Europe, Canada, États-Unis, Amérique du Sud, Australie...), écrivains ou artistes, auteurs de romans de fantasy, historiques ou d'anticipation, de fantastique, de «bit lit», de contes et légendes, partagent leur passion avec un public chaque année plus nombreux.

 

 


 

 

Près de 25 000 visiteurs sont ainsi venus se plonger en 2013 dans ces mondes imaginaires, entre expositions, conférences, cafés littéraires et animations insolites, dans un parc ombragé, bordé par les courbes de la Moselle. Ouvertes à un très large public (la littérature jeunesse y a sa part importante), les Imaginales privilégient la proximité et la convivialité, les conversations entre auteurs et lecteurs. C'est, avec la qualité reconnue des intervenants et de la programmation, une marque de fabrique du Festival !
Sur le salon, dans la Bulle du Livre, et partout dans la ville, restaurants, cafés, places, jardins et musées vivent au rythme de cette fête de la littérature et de l'image.


C'est tout naturellement que ce Festival a trouvé sa place dans une ville, Épinal, dédiée depuis toujours à la culture et à l'image. En témoignent aujourd'hui la «Cité de l'Image» (qui rassemble sur un même site la vénérable Imagerie, toujours en activité, et le Musée de l'Image qui gère la plus importante collection européenne d'images populaires), l'École Supérieure d'Art de Lorraine, et le Pôle Image, cluster dédié aux nouvelles technologies de l'image.

 

Focus sur l'Espagne
et les mondes hispaniques

 

Désormais, chaque printemps, un pays est l'invité des Imaginales. Certes, le festival est depuis toujours ouvert sur le monde. L'idée de lire « sans frontière » n'est donc pas totalement nouvelle. Mais la présence marquée d'un pays – où les genres que nous aimons disposent d'une audience significative – officialise cette découverte de la fantasy et de l'imaginaire à travers une culture différente.

Outre la France, l'un des pays où l'imaginaire s'est implanté depuis longtemps, c'est évidemment le monde anglo-saxon (États-Unis, Australie, Royaume-Uni, Canada anglophone) qui domine historiquement le genre. Mais la fantasy, le fantastique et l'anticipation ont aujourd'hui droit de cité sur tous les continents.

 

Après l'Allemagne, qui avait inauguré cette initiative en 2013 (en partenariat avec le Salon du livre de jeunesse de Sarrebruck), les mondes hispaniques seront présents à Épinal en 2014.

 

Une édition 2014 tournée vers l'histoire

 

Les liens entre l'imaginaire de fantasy et le roman historique sont évidents : en témoigne le public d'un best-seller comme Les Dames du lac (Marion Zimmer Bradley, 1930-1999). De nombreux ouvrages des meilleurs auteurs contemporains du genre, venus ou annoncés à Épinal, en attestent également. Ces passerelles, ces synergies, les Imaginales les favorisent et les encouragent. Pierre Pevel, l'une des grandes signatures de la fantasy française, présent à Épinal depuis les débuts du festival et de nouveau annoncé en 2014, traduit dans le monde entier, se réclame de cette filiation internationale, mais aussi d'Alexandre Dumas et de la grande tradition française du roman de cape et d'épée !

 

L'anticipation, elle aussi, se conjugue souvent à l'histoire, pour interroger nos sociétés en posant la grande question : et si... Et si Napoléon avait gagné la bataille de Waterloo, le monde actuel en serait-il changé ? Et si le IIIème Reich avait vaincu en 1945 grâce à ses armes nouvelles, sous quelle botte vivrions-nous ? Pierre Bordage, l'une des très grandes signatures du genre, a pour sa part, imaginé une trilogie dans laquelle Jules Ferry est fusillé par les royalistes en 1882, où l'école est depuis interdite au peuple, et des instituteurs risquent leur vie pour transmettre le savoir lors de classes clandestines (Ceux qui sauront, Flammarion).

 

Bienvenue aux Zombies

 

Le festival évoquera également la « folie zombie », qui remplit les salles de cinéma avec World War Z, incite les amateurs à regarder une série télévisée comme Walking Dead, et les pousse à acheter BD et romans, toujours plus nombreux sur le sujet. Longtemps à la traîne, les écrivains français se lancent à leur tour dans l'écriture de récits zombies, qu'il s'agisse de la première anthologie francophone (à paraître à l'occasion des Imaginales aux éditions Griffe d'Encre) ou des romans attendus au printemps 2014 (dont Fabien Clavel, aux éditions ActuSF).

 

Les Imaginales s'interrogeront avec l'essayiste Julian Bétan, co-auteur de Zombies ! (Les Moutons électriques) sur les ressorts cachés de cette véritable zombie- mania ! Autrefois classées série Z, ces histoires font désormais la part belle aux analyses sociales, voire aux exégèses universitaires