Hunger Games : Jennifer Lawrence, aux fers dans l'enfer des adaptations

Antoine Oury - 15.01.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Jennifer Lawrence - Hunger Games - esclavage


David O. Russell, réalisateur hollywoodien, auteur des Rois du Désert ou de Happiness Therapy, regrette déjà ses propos. Et pour cause : ils pourraient ne pas vraiment plaire à la Fox. Dans un entretien, il a affirmé que l'actrice principale de la trilogie Hunger Games, Jennifer Lawrence, était littéralement menée en esclavage par le studio. Il est depuis revenu sur ses paroles, qu'il juge « stupides », mais le mal est fait...

 


Jennifer Lawrence at the 83rd Academy Awards Red Carpet  IMG_1081

Jennifer Lawrence, lors de la 83e cérémonie des Oscars, en 2011

(Mingle MediaTV, CC BY-SA 2.0)

 

 

Les conditions de tournage des blockbusters sont régulièrement dénoncées pour leurs manquements au Code du Travail, mais il est rare qu'un réalisateur lui-même prenne la parole, surtout en évoquant l'actrice principale elle-même. C'est pourtant ce que David O. Russell a fait, en expliquant : « Je pense personnellement qu'ils devraient la laisser souffler un peu, parce qu'ils font énormément d'argent », a-t-il expliqué.

 

Il sait probablement de quoi il parle : dans l'industrie du cinéma depuis plus de 20 ans, il a collaboré à plusieurs reprises avec l'actrice âgée de 23 ans seulement, qui a dû se prêter à des cours de tir à l'arc et à un sévère entraînement physique pour les longs-métrages. « Je vais vous dire ce qu'ils font à cette fille - on parle beaucoup de 12 Years a Slave en ce moment, et c'est ce à quoi cette franchise se résume. Et je vais avoir beaucoup de problèmes pour avoir dit ça. »

 

12 Years a Slave, c'est bien entendu le film de Steve McQueen sur l'histoire d'un esclave en Louisiane, sorti récemment en salles. Il a également comparé l'exercice du blockbuster inspiré des livres de Suzanne Collins à une « roue de hamster ». Évidemment, on pourra prétexter que l'esclave ne touchait pas le chèque de l'actrice, et Aidan McQuade, directeur de Anti-Slavery International, a d'ailleurs tenu à réagir.

 

« S'il est intéressé, je l'invite à se joindre à moi pour visiter l'Inde ou le Népal pour voir ce à quoi ressemble l'esclavage moderne. Travailler 12 heures par jour dans un bâtiment en briques pour pratiquement rien, vivre dans des conditions désastreuses et ne pas pouvoir quitter cette situation, voilà le véritable esclavage », s'est-il indigné.

 

Finalement, David O. Russell lui-même est revenu sur ses déclarations : « Sans conteste, j'ai utilisé une analogie stupide dans une tentative pitoyable de faire de l'humour. Je l'ai compris à peine la phrase prononcée, et je suis sincèrement désolé. »