Ian Manook est le lauréat du Prix SNCF du Polar 2014

Julien Helmlinger - 28.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Prix SNCF du Polar - Ian Manookk - Derf Backderf


Au sein de l'auditorium de l'Institut du Monde arabe, ce mardi soir, ont été décernés les Prix SNCF du polar 2014. La soirée de remise de lauriers s'est déroulée au rythme de célèbres musiques de films réinterpêtées par Les Insolites, en présence notamment de Jack Lang, des lauréats de l'an dernier, avec Jean-Pierre Dionnet et Frédéric Ferrer pour maîtres de cérémonie. Pendant ce temps et pour deux mois encore, devant l'Institut, comme un clin d'oeil à Agatha Christie, les wagons et la locomotive de l'Orient Express s'exposent et se visitent.

 

 

 

 

On nous promet d'emblée d'aller au-delà du roman de gare, pour une session d'évasion avec la SNCF. Et l'Orient Express, c'est tout un symbole, « un moyen de jeter un pont » entre deux cultures comme le souligne l'ancien ministre Jack Lang, désormais président de l'Institut, et qui était bien vite appelé au micro. L'occasion pour lui de causer aussi polar et BD, deux arts qu'il affectionne visiblement, même si sa préférence revient à Agatha Christie, ça tombe bien. « J'ai lu tous ses romans et son oeuvre demeure à la fois délicieusement démodée et perpétuellement vivante. »

 

Catégorie Roman, le Prix a été décerné à l'éditeur, journaliste, publicitaire et écrivain parisien Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, pour Yeruldelgger (Albin Michel). Il s'agit du premier opus d'une série qui se déroule dans les steppes et les bas-fonds de la capitale de Mongolie. Le pitch à découvrir à la suite : 

Dans un pays à l'histoire et aux paysages sauvages, une guerre sale d'argent et de pouvoir s'est déclarée autour d'une des richesses minières les plus rares et les plus convoitées de la planète.
Pour lutter contre les puissances qui veulent s'accaparer son pays, et pour résoudre le mystère qui entoure le meurtre d'une fillette, l'inspecteur Yeruldelgger va puiser ses forces dans les traditions héritées des guerriers de Gengis Khan, dans les techniques modernes d'investigation, et dans la force de ses poings. Parce qu'un homme qui a tout perdu ne peut rien perdre de plus. Il ne peut que tout reconquérir, sans pitié ni pardon.

 

L'auteur, en toute humilité, s'est dit « ravi de l'accueil de son bouquin », admettant toutefois qu'on lui a parfois reproché de ne pas être un vrai Mongol au moment des signatures. « Je débarque à peine dans le polar, il y a huit mois je n'existais pas et j'ai un peu l'impression de faire un hold-up comparé à ceux qui écrivent de très belles choses depuis longtemps. »

 

 

Puis est venu ce moment où Ian a pris un engagement devant l'assemblée, rappelant que la cérémonie était organisée par la SNCF. Avec un certain art du suspens, l'écrivain annonce qu'il va investir partie de sa dotation....

 

 

[Moment de solitude journalistique /on]

Là, votre dévoué serviteur a bien cru un instant qu'il allait promettre d'utiliser l'argent pour élargir les fameux quais à raboter, mais non, soulagement. Et légère déception cela dit. 

[Moment de solitude journalistique /off]

 

... pour inviter sa femme à un voyage à bord du train mythique.

 

Le lauréat en catégorie Bande Dessinée est l'Américain Derf Backderf. Plusieurs fois primé pour d'autres titres, il aura passé près de 20 ans à concocter Mon ami Dahmer (Éditions çà et là), évoquant son amitié de lycée avec Jeffrey Dahmer qui allait devenir un célèbre serial killer, arrêté en 1991 et condamné à 957 ans de prison, mais finalement assassiné dans sa cellule en 1994.

 

Enfin, les lauriers de la catégorie Court Métrage sont finalement revenus au Californien Shane Atkinson, pour Penny Dreadful. Un court métrage fort sympathique, déjà primé, mettant en scène deux voyous pas très professionnels dans leur discipline, et qui vont kidnapper la mauvaise fillette. 

 

La bande-annonce à découvrir ci-dessous :

 


Penny Dreadful, de Shane Atkinson par France3Auvergne