"Il n'y a pas de poètes britanniques, seulement des poètes écossais"

Clément Solym - 24.08.2012

Culture, Arts et Lettres - Salons - Ian Mac Ewan - Festival international du livre d'Edimbourg - Ecosse


Lors du festival international du livre d'ÉdimbourgIan Mc Ewan nommé parmi les auteurs de la nouvelle garde au Booker Price, n'a pas manqué de réaffirmer sa nationalité écossaise lors d'une discussion avec Alex Salmon, actuel premier ministre de l'Écosse.

 

Rêve d'indépendance ?

                                     Une rêve d'indépendance ?  (via houseput)                   

                                                  

« Il n'y a pas de poètes britanniques seulement des poètes écossais », a-t-il déclaré d'après le Guardian. Sur ce point pas d'ambiguïté possible, MacEwan n'est pas anglais et refuse d'être considéré comme tel. C'est à croire que Shakespeare serait venu tout droit des Highlands.

 

Plus sérieusement le romancier développe, affirmant qu'il se trouve en plus d'une différence culturelle parmi les auteurs anglais et les auteurs écossais, un écart purement formelle propre à leur façon d'écrire. L'auteur livre un message similaire à celui du politicien Salmon qui prônait en janvier dernier l'indépendance de la culture écossaise d'après un article du Guardian.

 

Il souligne qu'il n'utilise jamais le mot provincial, trop péjoratif à son goût. « En ce qui concerne la culture littéraire, je suis fasciné par T.S Eliot » naturalisé anglais, né dans le Missouri en 1888, il souhaitait plus que tout au monde « restevivre sur ses terres ». Un poète qui a les pieds sur terre ça existe? Pour McEwan, l'exemple d 'Eliot renforce son intime conviction que les poètes sont presque toujours d'illustres provinciaux.

 

À tord ou à raison, et si Rimbaud avait tout fait pour s'enfuir de Charleville, l'auteur assume tout à fait son bovarysme et présentait à l'occasion de son 20e roman Sweet Tooth publié au mois d'août par Jonathan Cape chez Vintage Publishing, une histoire inspirée d'épisodes autobiographiques. 

 

Ce fut une belle entrevue puisqu'il s'est dit surpris d'apprendre que Salmon est un fin lecteur de Philip Larkin et de R.S Thomas. À Salmon enfin d'expliquer sa propre vision selon laquelle les Anglais sont comme les composants d'une identité multiple partagée avec l'Irlande. Leur culture fait fatalement partie de celle de l'Écosse, puisque l'envahisseur normand est passé par là.

 

Il ne reste à compter d'aujourd'hui plus que quatre jours de festival à passer dans le chef-lieu d'Adam Smith, et quant à savoir si l'écossais remportera le Booker Price, il faudra attendre le 16 octobre prochain pour le savoir.