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Il y a quarante ans les Shadoks envahissaient la télé

Clément Solym - 30.04.2008

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Shadoks - quarante - ans


Chaque jour, les figurants curieux de cette petite série d’animation s’invitent quelques minutes sur l’ORTF.

Les Shadoks : histoire d’une série originale

Diffusée pour la première fois sur l’ORTF le lundi 29 avril 1968, "les Shadoks", fut un grand succès. Créée par Jacques Rouxel et produite par la société AAA (Animation Art-graphique Audiovisuel), cette série met en scène une sorte d'oiseaux dodus à longues pattes et petites ailes. Ils ont pour ennemis les Gibis. Ces derniers n'ont pas plus de vocabulaire que les Shadoks qui s'expriment par quatre mots monosyllabiques: , "ga", "bu", "zo", "meu".

Les Shadoks, créatures bêtes et méchantes, consacrent leur temps à réaliser des machines farfelues comme la cosmopompe créée en vue de siphonner le cosmogol 999 des Gibis. C'est le comédien Claude Piéplu qui prête sa voix à ces volatiles improbables qui séduiront certainement le public français.

Ils n'ont pas de sens, sinon du non-sens et du sens-dessus-dessous. Ils ont nourri le dico des expressions françaises (« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? »). Malgré leurs quarante ans, ces drôles d'oiseaux nommés «Shadoks» semblent très bien vieillir. La série est régulièrement dans le Top 5 du site ina.fr et le premier épisode a été visionné plus de 26.000 fois.

Les Shadoks : des personnages décalé mais pas trop...

Proposée par le service de recherche de l'ORTF, cette animation est une douce révolution. « C'était critique, mais subtil car jouant sur l'absurde », note Marie-Françoise Lévy, historienne. « Comme souvent dans les périodes de censure, il n'y avait pas d'allusion claire à l'actualité dans les histoires. C'était subversif, mais sans que l'on sache vraiment pourquoi ! », note pour sa part Yannick Dehée, qui a codirigé Le Dictionnaire de la télévision française (éditions Nouveau Monde)

Minimalisme du trait, simplicité des situations. « La série se prête aux lectures multiples. Le dessin, volontairement naïf, et l'histoire sont dans l'intemporalité et l'universalité », confirme Yannick Dehée.

L'opposition entre les cinoques Shadoks et les futés Gibis reprend un antagonisme basique et ancien. Méchants contre gentils, Français contre Anglais (les «Gibis» comme Grande-Bretagne, ont des chapeaux melon), riches contre pauvres... Gaullistes contre chienlit ?