Intermittents : La "main tendue" revient dans la figure d'Aurélie Filippetti

Antoine Oury - 21.06.2014

Culture, Arts et Lettres - Théatre - intermittents du spectacle - Aurélie Filippetti - ministre de la Culture


Le temps est désormais compté pour les festivals de l'été : malgré les efforts du gouvernement et de Manuel Valls pour enrayer le mouvement de grève durable, le syndicat CGT Spectacle a déposé un nouveau préavis de grève, pile pour le début du Festival d'Avignon. La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a tenté, hier soir et ce matin, de convaincre les intermittents d'assurer la bonne tenue des manifestations culturelles. Peine perdue.

 

 

Aurélie Filippetti à l'Université d'Avignon

Aurélie Filippetti à l'Université d'Avignon, en 2013

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

C'est un peu le cauchemar des ministres de la Culture : en plein été, sous le soleil brûlant, une grève des intermittents qui force tout le pays à stopper ses manifestations culturelles de grande ampleur. Pourtant, il semblerait que le sort en soit jeté après le dépôt d'un préavis de grève de la CGT Spectacles, seule organisation syndicale à maintenir le siège face au gouvernement, au MEDEF, et aux autres organisations syndicales (CFTC, CFDT, FO).

 

La pomme de discorde, c'est une nouvelle fois le régime chômage des intermittents, déjà remis en cause en 2003, année noire pour le Festival d'Avignon, annulé. La ministre de la Culture a tenté, hier sur Canal + et ce matin dans Libération, de défendre la « main tendue » du gouvernement en direction des intermittents. Manuel Valls avait en effet annoncé la suspension de la mesure la plus controversée, le délai du versement de l'indemnisation.

 

Invitée par le Grand Journal, la ministre a expliqué qu'il « fallait laisser le temps à chacun [...] d'examiner en détail les mesures » proposées par le gouvernement. Mais, outre cette suspension, les mesures en question se limitent pour l'instant à la convention signée unilatéralement par le MEDEF et les trois organisations syndicales...

 

« On va laisser le temps à chacun de ceux qui se sont exprimés, de ceux qui sont inquiets, d'examiner en détail les mesures parce que c'est vraiment une revendication qu'ils portaient depuis 11 ans », a poursuivi Aurélie Filippetti, qui a rappelé la volonté du gouvernement d'ouvrir « une grande concertation », rapporte l'AFP.

 

Ce matin, dans Libération (version papier), la ministre a demandé aux intermittents de « saisir la main tendue » du gouvernement, en évoquant cette fois des questions plus économiques pour inciter les travailleurs du spectacle à baisser la garde. L'annulation des spectacles, explique-t-elle, « serait catastrophique pour la culture dans ce pays, et d'abord pour les artistes qui ont envie de jouer, les techniciens et les spectateurs. Et ce serait très difficile économiquement pour les collectivités. »

 

Rien n'y a fait, et sûrement pas l'indéboulonnable Jack Lang, invité sur RTL ce matin à l'occasion de la Fête de la Musique : « J'approuve le combat qu'ils mènent depuis des mois », a-t-il déclaré, qualifiant le système français d'indemnisation de « trésor ». Il espère toutefois que les revendications n'auront pas d'incidences sur les événements de cet été, notamment grâce « à la combativité et à la sagesse des artistes ».

 

Et celle des ministres ?