Israël invité d'honneur de la Foire internationale du livre à Guadalajara

Julien Helmlinger - 03.12.2013

Culture, Arts et Lettres - Salons - Foire internationale du livre - Guadalajara - Israël


À l'occasion de l'édition 2013 de la plus importante Foire internationale du livre du monde hispanophone, celle de Guadalajara au Mexique, Israël sera l'invité d'honneur. Seront notamment présents au rendez-vous le président Shimon Peres, ainsi qu'une quinzaine d'auteurs et d'autres personnalités comprenant le prix Nobel de chimie Ada Yonat ou la chanteuse Noa. L'évènement annuel a été inauguré ce samedi.

 

 

David Grossman, CC by 2.0 par torre.elena

 

Comme le rapporte l'AFP, l'inauguration de la Foire se sera prêtée à la remise du Prix de la littérature en langues romanes attribué au poète, conteur et essayiste français Yves Bonnefoy, tandis que Shimon Peres ouvrait le bal du côté du pavillon israélien. En recevant ses lauriers, le lauréat a soutenu que « la poésie est le fondement de la vie en société. [...] La société succomberait si la poésie s'éteint peu à peu, dans notre relation avec le monde ».

 

Yves Bonnefoy était annoncé depuis septembre et constitue le premier Français récompensé depuis la création du Prix en 1991. Lors de l'annonce du verdict du jury, la FIL avait souligné que le lauréat, membre du Collège de France, était « considéré comme un des poètes les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle ».

 

Au cours d'une conférence de presse ce lundi, le célèbre et pacifiste écrivain israélien David Grossman a assuré lundi que le conflit touchant les territoires palestiniens était néanmoins générateur d'un « véritable paradis artistique » dans son pays. « La situation extrême d'Israël engendre une création artistique foisonnante, pas seulement en littérature, et génère une imagination et une inventivité vraiment exceptionnelles. »

 

Un verdict relativement optimiste pour un écrivain qui n'a pas été épargné par la dureté de la situation. Celui-ci a notamment perdu son fils Uri, un sergent âgé d'une vingtaine d'années, et n'a pas oublié le temps où les attentats suicide « se répétaient chaque semaine » et où avant de les envoyer au collège il disséminait ses enfants dans des autobus différents pour optimiser leurs chances de rentrer intacts.

 

Évoquant toujours son pays, l'écrivain a ajouté : « La proximité de la mort est très concrète [...] bien qu'il ne soit pas facile de vivre cette situation éprouvante, pour un artiste, c'est réellement un paradis. [...] Quand j'écris du point de vue de "l'ennemi", j'ai soudain l'impression d'avoir le privilège de me voir moi-même avec des yeux différents, je vois des choses que les Israéliens préfèrent ne pas savoir. »