Jean Giono, une vie, une oeuvre, en exposition au Mucem dès octobre

Victor De Sepausy - 01.07.2019

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Jean Giono - exposition Mucem - Marseille Giono


La veille des commémorations du cinquantenaire de la disparition de Jean Giono (octobre 2020), le Mucem propose, à travers près de 300 œuvres et documents, une rétrospective qui, loin de l’image simplifiée de l’écrivain provençal, suit le trajet de son œuvre écrite et filmée en lui rendant sa noirceur, son nerf et son universalité. 
 

Jean Giono © Denise Bellon


Giono, poète revenu des charniers de la Première Guerre mondiale, s’est en effet autant attaché à décrire la profondeur du Mal qu’à en trouver les antidotes : création, travail, pacifisme, amitié des peintres, refuge dans la nature, évasion dans l’imaginaire. 

Pour donner chair à l’un des artistes les plus prolifiques du XXe siècle, la quasi-totalité de ses manuscrits, ici exposée pour la première fois, entrera en dialogue avec de très nombreux œuvres et documents. Au programme, archives familiales et administratives (dont celles de ses deux emprisonnements), reportages photographiques, presse, éditions originales, livres annotés, entretiens sonores et filmés.

Mais ce sont aussi tous les carnets de travail de l’écrivain, les films réalisés par lui ou qu’il a produits et scénarisés, les adaptations cinématographiques de son œuvre par Marcel Pagnol et Jean-Paul Rappeneau (sans oublier le film d’animation de Frédéric Back, L’Homme qui plantait des arbres), que l’on retrouvera.

Ainsi que les peintures naïves du mystérieux Charles-Frédéric Brun qui lui inspira Le Déserteur, l’intégralité de son terrible Journal tenu pendant l’Occupation, et les tableaux de ses amis peintres, avec au premier rang ceux de  Bernard Buffet. 

Un Giono emporté dans le siècle

Ces traces matérielles de la vie et de la création seront redoublées par l’évocation symbolique d’expériences matricielles de l'oeuvre, confiée à quatre artistes contemporains. 

Celle de Giono simple soldat perdu dans le fracas de la guerre (sans laquelle on ne peut comprendre ni les livres, ni l’engagement pacifiste, ni les emprisonnements et polémiques politiques qui scandent et obscurcissent son parcours) ouvre logiquement l’exposition avec une installation immersive de Jean-Jacques Lebel. 

Vient ensuite une Provence incarnée loin des clichés folkloriques, à travers les œuvres de la plasticienne Thu Van Tran et du cinéaste Alessandro Comodin. Enfin, la plasticienne Clémentine Mélois revisite la bibliothèque de Giono, ce lieu de liberté et de respiration, au cœur de sa vie comme de l’exposition. 

L’exposition se tiendra du 30 octobre au 17 février 2020, au Mucem. Emmanuelle Lambert, écrivain, est la commissaire de l’exposition. Le catalogue, lui, a été réalisé en coédition avec les éditions Gallimard. L’événement se déroule dans le cadre de l’année Giono, avec la Ville de Manosque.

L’ouvrage contiendra une préface de JMG Le Clézio, ainsi que des textes d’écrivains contemporains — dont Patrick Auréaux, Philippe Claudel, Alice Ferney, Sylvie Germain, Hédi Kaddour ou encore Sylvain Prudhomme. Il sera le premier ouvrage illustré consacré à la vie et l’œuvre de Giono, enrichi de nombreux documents inédits. 

En outre, la maison remettra en vente le livre d’Henri Godard, Giono. Le roman, un divertissement de roi, originellement paru en 2004.
 


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