Jérôme Kerviel percevrait jusqu'à 70.000 € pour l'adaptation de son livre

Orianne Vialo - 20.06.2016

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Jérôme Kerviel film - biopic Jérôme Kerviel - droits d'adaptation Jérôme Kerviel


Jérôme Kerviel, ancien opérateur financier de la Société Générale, aurait déjà touché une avance « d’au moins 40.000 € en vendant les droits d’adaptation de son livre en film [à Galatée Films, NdR] », selon une information divulguée par BFM Business. Inspirés de sa propre histoire, son ouvrage, L’engrenage, mémoires d’un trader (éd. Flammarion, 2010) et le film l’Outsider (22 juin 2016) permettraient à l’auteur de toucher jusqu’à 30.000 € supplémentaires si le film rencontrait le succès escompté dès sa sortie en salles. 

 

 

 

Dans le contrat d’option de cession de droits signé par Galatée Films, Gecko Films, Outside Films et Jérôme Kerviel, il est précisé que « Galatée s’engage à payer au Cédant une somme brute et hors taxe de 40.000 €, payable selon le calendrier suivant : 25.000 € HT déjà versés à la signature du Contrat d’Option ; 15.000 € HT à la mise en production du film. [...] Le Cédant recevra de Galatée une rémunération supplémentaire basée sur le nombre d’entrées réalisées par le film dans les salles cinématographiques en France dans les conditions suivantes (les “Bonus”) : 10.000 € brut et HT si les entrées en salles du film en France sont supérieures à 2,5 millions et 10.000 € brut HOT si les entrées en salles du film en France sont supérieures à 3 millions et 10.000 € brut et HT si les entrées en salles du film en France sont supérieures à 3,5 millions ».

 

Par ailleurs, il est aussi indiqué que « Galatée s’engage à verser au Cédant, après amortissement du coût du film — c’est-à-dire lorsque le montant des recettes nettes part producteur [...], une rémunération supplémentaire de telle sorte que le Cédant percevra au total 2 % des recettes nettes part producteur sans limitation de durée sur toutes les formes d’exploitation ». 

 

 

 

Produit par Christophe Barratier, ce thriller français inspiré de son ouvrage L'engrenage, mémoires d'un trader retrace l’histoire de Jérôme Kerviel, nouveau venu à la Société Générale au Middle Office, où il doit comptabiliser les ordres passés par les traders qui officient dans la salle des marchés. Il finit par gravir les échelons, jusqu’à devenir l’un de ces opérateurs de marché au quotidien rythmé par les opérations financières qui consistent à dégager des gains d’intermédiation sur des opérations d’achat et de vente, ou de prêt et d’emprunt.

 

« J'évoque tels que je les ai vécus les événements qui ont conduit à ma chute. Je refais le chemin qui transforma le simple employé que j'étais en trader. Je raconte dans le détail l'incroyable année 2007 où je fis gagner un milliard et demi à la Société Générale avant que la situation ne se retourne dès les premiers jours de 2008. Je décris de l'intérieur la réalité des salles de marchés et du monde des traders, et le cynisme d'un système qui tire profit de ceux qui travaillent pour lui, quitte a les lâcher en cas de défaillance » Jérôme Kerviel

 

 

Arthur Dupont y tient le rôle principal, François-Xavier Demaison interprète Keller, Sabrina Ouazani se glisse dans la peau du personnage de Sofia et Mohamed Arezki prend quant à lui le rôle de Nouredine. 

 

Malgré tout, le film n’a pas été adapté du jour au lendemain. Dans une interview accordée à BFM Business, le producteur Jacques Perrin a expliqué : « Il a fallu deux ans et demi pour réunir le budget. Nous avons essuyé beaucoup de refus. Certains ont eu peur du sujet, peut-être parce qu’ils étaient proches de la Société Générale ? Mais ces difficultés ont renforcé notre détermination. »

 

Le metteur en scène, Jérôme Corcos expliquait : « Sans rien connaître à la finance, j’entrais dans ce monde de la meilleure façon qui soit : non pas pour enfoncer des portes ouvertes sur le mode : “La finance c’est sale, elle est devenue folle et elle pervertit le monde”, mais pour répondre à la question : Comment se sont mis en place les éléments qui ont conduit au drame ? J’ai immédiatement perçu le côté thriller. »

 

Cependant, si Jérôme Kerviel n’a pas participé à l’écriture du scénario du biopic, Christophe Barratier précise qu’il a dû consulter l’ex-trader pour tout ce qui touchait à la technique, au vocabulaire et à l’atmosphère d’une salle de trading. « Les équipes de trading s’occupent de produits très différents les uns des autres. Kerviel traitait des produits très spécifiques sur les indices boursiers. Je n’aurai pas pu inventer tout seul “Qui a traité des RWE en after market ?” ou “Tu peux déshisto-réhisto ma valo ? Je suis pas hedgé” ».