Joann Sfar rouvre une parenthèse à l'Espace Dalí

Antoine Oury - 09.09.2016

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Joann Sfar Espace Dalí - Joann Sfar Dalí - Joann Sfar Fin de la parenthèse


Les détracteurs de Joann Sfar en seront pour leurs frais : pour la rentrée, l’auteur joue sur les deux tableaux avec un roman, consacré à la disparition de son père, et une bande dessinée, Fin de la parenthèse (Rue de Sèvres), sur la tentative de résurrection d’un autre, Salvador Dalí. L’Espace Dalí accueille une exposition des dessins de Joann Sfar pour l'album, jusqu’au 31 mars 2017.

 

Exposition Joann Sfar-Salvador Dali à l'Espace Dali, Paris

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

La parenthèse en question s’est ouverte dans un château : Joann Sfar s’y est retrouvé enfermé avec 4 femmes, de celles que l’on appelle des modèles, pour vivre l’expérience de son personnage Seabearstein. Chacun à leur manière, ils tentent de ranimer le flamboyant Salvador Dalí, dans la France obscure de 2015.

 

Exposition Joann Sfar-Salvador Dali à l'Espace Dali, Paris

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

L’expérience en vase clos a déjà quelque chose de très dalinien : le multiartiste (un peu comme Sfar d’ailleurs, que l’on imagine bien sculpteur, à l’occasion) a imaginé des huis clos semblables, notamment dans son roman Visages cachés, et s’était fait prendre en photo par Jean Gaumy dans un décor châtelain, avec 4 femmes nues en arrière-plan.

 

Exposition Joann Sfar-Salvador Dali à l'Espace Dali, Paris

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Pour renforcer encore le lien avec celui qu’il considère comme un maître, les 4 modèles de Sfar/Seabearstein ont reconstitué différentes oeuvres d’Avida Dollars, afin de provoquer une épiphanie génératrice de vie. De fait, l’exposition à l’Espace Dalí permet d’observer les liens entre l’oeuvre du peintre catalan et Fin de la parenthèse, voire le style graphique de Sfar : les longues silhouettes qui se déploient sur les murs du musée se confondent avec celle de l’Alice au Pays des Merveilles ou avec les pattes des éléphants hybrides.

 

Exposition Joann Sfar-Salvador Dali à l'Espace Dali, Paris

Alice au Pays des Merveilles, bronze, premier moulage en 1984, fondu à une date ultérieure

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Différents espaces se dessinent : l’un s’arrête sur les robes signées Schiaparelli, maison de haute couture avec laquelle Dalí collabora dès la collection hiver 1936-1937 et dont les modèles de Sfar portent les robes, l’autre sur les hallucinations partagées de Dalí, Sfar et Seabearstein, un autre sur la représentation des corps… L’exposition déborde de dessins, et la riche sélection d’oeuvres de Dalí permet à la fois de s’en éloigner et de mieux les approcher.

 

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On sort de là comme d’un rêve, hébété : notez-le pour en conserver les fantasmagories.

 

Exposition Joann Sfar-Salvador Dali à l'Espace Dali, Paris

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)