Kate Bush par Jeanette Winterson : "sauver le monde des boys band"

Louis Mallié - 29.08.2014

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Kate Bush - Jeanette Winterson - Hammersmith Apollo


Mardi soir, se déroulait pour la première fois depuis 1979 le concert de Kate Bush à la salle Hammersmith Apollo de Londres. Absente de la scène anglaise depuis son unique tournée The Tour of Life, elle avait continué sa carrière en studio. Quoi qu'il en soit, alors gagée d'une vingtaine d'années à l'époque, Kate Bush avait changé la vie de plus d'une génération d'étudiants — et surtout d'étudiantes. L'auteure anglaise Jeanette Winterson s'en est souvenue à travers les pages du Guardian.

 

 

« Toutes les étudiantes que je connaissais à Oxford écoutaient Kate Bush — même les étudiantes en chimie », écrit l'auteure dans un article intitulé « My hero : Kate Bush by Jeanette Winterson ». « Pour une étudiante anglaise, le fait qu'une nouvelle chanteuse pouvait prendre la tête des hits avec Emily Brönte en couverture était une preuve que la poésie, la musique, et le féminisme […] viendraient sauver le monde des boys band, de l'électro-pop, des mâles blancs cadavériques, et de l'argent. »

 

Alors âgée de 19 ans, la jeune écrivaine était alors partie en voiture voir Kate Bush au Hammersmith Apollo à Londres. Le concert ne l'avait pas déçue, et 35 ans plus tard elle se rappelle de l'excentricité surprenante et originale de l'artiste : « Kate Bush se servait d'elle-même comme d'une invention. […] Les chansons étaient comme des pièces de théâtre miniature — un personnage, une situation, une collision verbale. […]  Elle était une étendue d'imagination : elle semblait capable d'étendre son corps au-delà de son propre physique. » Et d'insister encore sur le caractère théâtral du jeu de scène de Kate Bush : « Les concerts de The Tour of Life relevaient vraiment du jeu d'acteur. »

 

Les années sont passées, et pour Jeanette Winterson, l'artiste a su rester la même, « composant la musique de son âme », brillant sans cesse sans brûler pour autant. « La musique est totale. Vous pouvez pleurer avec Kate Bush, et nous avons besoin d'endroit où pleurer. » On peut imaginer l'attente des fans.  Car si le génie de la scène de Kate Bush n'a d'égal que la discrétion de sa vie privée, le public est donc bien loin de l'avoir oubliée : à leur mise en vente en mars dernier, les 80.000 billets des 22 concerts s'étaient écoulés en 15 minutes, rappelle France Info.

 

Or, à la sortie du premier concert mardi soir, le spectacle semble ne pas véritablement être à la hauteur des attentes : il est bien au-dessus. Le public parle toujours d'un concert entre musique et théâtre, et pour le qualifier, les mots viennent difficilement, et se bousculent dans les bouches : « Fantastique », « extraordinaire », « mythique », « magique ».