Kenneth Branagh, un splendide Shakespeare dans ses dernières années

Nicolas Gary - 11.05.2019

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - biopic Shakespeare - Kenneth Branagh - film Shakespeare biographie


Quand ce ne sont pas les pièces du dramaturge où il excelle, l’acteur Kenneth Branagh se fond littéralement dans le personnage. Tout à la fois derrière et devant la caméra, il s’est lancé avec All Is True dans un biopic couvrant les dernières années du Barde. Et la presse est unanime : on est entre de bonnes mains. 



Scénarisé par Ben Elton, que Branagh avait côtoyé pour l’adaptation de Much Ado About Nothing en 1993, le film prend place en 1613, peu de temps après l’incendie du Globe Theatre. Un endroit qu’affectionnait tout particulièrement Shakespeare, au point qu’il n’écrira plus d’autres pièces après l’incident. Il avait passé 15 années en résidence d’auteur à l’intérieur de ces murs, et ses plus célèbres pièces y furent jouées. Le choc est violent.

Son retour à Straford Upon Avon, sa ville natale, pour une retraite loin des planches, se passe entre son ex-femme, incarnée par Judi Dench et ses deux filles. Il y a aussi son fils, Hamnet, décédé à l’âge de 11 ans quelques années plus tôt – et dont l'absence achève de le hanter. D'autant que l’enfant n'a que peu connu son père, passablement absent durant ses premières années…

Shakespeare, étranger en sa propre demeure, mesure à l'aune de son succès littéraire et théâtral, les échecs de sa vie d'homme, de mari et de père.
 


Branagh, dans une récente intervention télé, expliquait à quel point la modernité des pièces de Shakespeare se retrouve, quoi que l’on fasse : durant son mandat, Barack Obama campa tout à la fois les personnages de Hamlet et Henry V. George Bush était plutôt semblable à Macbeth. En 2019, c’est plutôt le Roi Lear que tout le monde a à l’esprit, considérant l’actuel occupant du Bureau ovale. 

Cela et la transmission actuelle des puissances médiatiques, comme celle de Rupert Murdoch, qui s’apprête à léguer son royaume, ainsi que d’autres magnats des médias, à la génération suivante. 

Dans All Is True, c’est une autre lecture du monde qui est proposée, s’inspirant de la vie supposée du dramaturge pour aboutir à un éclairage du présent. Mais reprendre le Roi Lear permet de mieux mesurer l’indignation de ceux dont la voix n’est jamais entendue — et la rage que ce silence imposé engendre. 

Entre Shakespeare et Branagh, le lien est puissant : « J’avais 16 ans et j’ai décidé de faire du stop pour me rendre àStratford Upon Avon. […] Ce n’était pas rien de demander à mes parents de m’autoriser, à cet âge, de tenter l’expédition. » Un moment d’indépendance fort, associé littéralement à la figure littéraire, autant que ses œuvres occuperont une place majeure par la suite. 

Dans le film, c’est un homme au tournant de sa vie que Branagh campe, ayant quitté la gloire, Londres et l’engouement, pour un retour qui sonne comme le chant du cygne. 


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