Kerouac revient au cinéma, dans un traitement autobiographique

Xavier S. Thomann - 10.01.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Kerouac - Sur la Route - Big Sur


La récente adaptation de Sur la Route, le roman bien connu de Jack Kerouac, n'avait pas conquis tout le monde, certains avaient même été franchement déçus. Pourtant, l'écrivain américain est décidément une bonne source d'inspiration pour les cinéastes. C'est un autre roman, Big Sur, qui va sortir bientôt sur les écrans. Il sera présenté au prochain festival de Sundance, le grand Rendez-Vous du ciné indépendant aux USA. 

 

 

Jack Kerouac Alley

 Goodnight London, CC BY 2.0

 

 

Big Sur est différent en bien des points de Sur la Route. Pas de road trip en perspective, Jack Duluoz, alter ego de l'écrivain, part se reposer dans une cabane au bord la mer, à Big Sur. Peu de réjouissances et une belle dépression, une belle méditation sur les conséquences néfastes de la célébrité. 

 

Pour donner vie au roman, c'est le réalisateur Michael Polish qui est aux commandes ; il dirige l'acteur Jean-Marc Barr (Le Grand Bleu) dans le rôle de l'écrivain. Au site internet Cinema Teaser, le réalisateur parle de son nouveau film en ces termes : « C'était un projet que je trouvais intrigant, car il traite de la dépression nerveuse d'un immense talent. Le livre est une exploration intérieure intense d'un être humain dans un environnement naturel dangereux.»

 

Espérons seulement qu'il aura eu plus de chance dans son entreprise que Walter Salles. Toutefois, en regardant la première bande-annonce qui a été rendue publique, on distingue une tendance à l'esthétisme qui risque une nouvelle fois de figer Kerouac dans une gentille image d'Épinal. Ce qui n'empêche pas le film d'avoir l'air plutôt réussi. On attend donc de voir ce qu'il en sera (aucune date de sortie pour la France n'a été pour l'instant mentionnée). 

 

De plus, David Ulin, un journaliste du LA Times qui connaît bien l'oeuvre de Kerouac, indique que le film a pris le parti de traiter le livre comme une autobiographie. Or c'est une lecture facile qui ne permet pas de rendre compte de la véritable dimension de l'histoire, car on peut vite sombrer dans l'anecdotique. 

 

Pauvre Jack, lui qui aimait tant le cinéma, donne vraiment beaucoup de fil à retordre à ceux qui sont assez fous pour vouloir l'adapter. En attendant de juger le résultat final, vous pouvez jeter un oeil à la bande-annonce :