L'effervescence des débats autour d'Etonnants voyageurs

Cécile Pellerin - 21.05.2013

Culture, Arts et Lettres - Salons - Saint Malo - conférences - auteurs


Si le soleil a peut être un peu manqué pendant ces trois jours de festival, l'effervescence des débats, l'animation chaleureuse autour des rencontres avec les nombreux écrivains, l'immense librairie dont on ne se lasse jamais d'arpenter les rayons, les expositions, les films, les rencontres plus informelles et le public, toujours très nombreux ont fait de Saint-Malo, une nouvelle fois, la ville la plus lumineuse et la plus enthousiasmante de l'hexagone, le temps d'un week-end prolongé

 

Pour cette 24e édition, plus de 200 auteurs ont débattu et discuté avec leurs lecteurs autour de « l'Afrique qui vient », celle qui tente de prendre sa place dans le monde, avec, notamment,  un regard prolongé sur l'Afrique du Sud et le Nigeria et sur « L'Amérique est une légende », celle qui fascine, celle du jazz, d'Hollywood ou du roman noir. Impossible de citer tous les auteurs regroupés sur ces trois jours pour débattre de la censure, de la littérature « nationale », de son rôle « politique » et même de l'avenir du roman ; impossible aussi de tout voir, tout entendre, tout écouter tant parfois les files d'attente désespèrent même le lecteur le plus passionné.

 

Aussi, aux détours de scènes parfois un peu moins fréquentées, au hasard de certaines chaises heureusement vides, il a été possible de s'émouvoir face à André Brink, évoquant Nelson Mandela, d'être porté par le sourire de la lumineuse Nahal Tajadod, (lauréate du prix de l'Agence française de Développement) de se sentir complètement envoûté par les paroles du très charismatique Paul Mabanckou, puis de courir aussitôt après acheter « Lumières de Pointe-Noire ». De rêver d'une mort douce au Groenland, grâce au pittoresque Jorn Riel et à l'acteur Dominique Pinon, incroyable lecteur des « Racontars », publiéschez Gaïa. 

  

 

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Sans compter, les auteurs de roman noir et de polar, à la fois extrêmement drôles et d'une simplicité attirante comme Nick Stone, par exemple, expliquant comment son éditeur l'a contraint à cohabiter plus longtemps avec son détective Max Mingus.  Ou bien encore, écouter Arnaldur Indridason et se laisser entraîner par une langue singulière et étrange, si séduisante, qu'on perçoit à peine alors Éric Boury la traduire. 

 

De belles rencontres également autour des écrivains engagés haïtiens, toujours nombreux au festival, qui tentent d'expliquer au lecteur français comment, leur pays, Haïti, crève d'être gouverné par des ONG (Dany Laferrière), que ce n'est pas seulement une île de pauvreté et de misère, qu'il est aussi possible d'y tomber amoureux (Yanick Lahens) et impressionnent par leur écriture poétique. 

 

Impossible, non plus de ne pas s'emballer pour Jean Rouaud lorsqu'il dénonce presque en colère, avec beaucoup d'humour, mais une grande réalité, les marchés financiers qui nous asservissent pour enflammer leurs intérêts. Nous voilà prêts à contester, à manifester, avec lui, notre « désintérêt ». 

Enfin, quand Jean Teulé vole la vedette à Yann Quéffelec, en retard à la rencontre, le public, pourtant principalement breton, apprécie et se délecte de la bonne humeur communicative de ce « Géant normand » qui sait si bien parler de son roman « Fleur de Tonnerre »  qu'il en oublie presque « le dictionnaire amoureux de la Bretagne ».

 

 

 Prix décernés lors de ce festival :

Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs : Si tout n'a pas péri avec mon innocence d'Emmanuelle Bayamack-Tam (POL)

Prix Joseph Kessel : L'hiver des hommes  de Lionel Duroy (Julliard)

Prix Nicolas Bouvier : Aux belles abyssines de Bernard Bonnelle (La Table ronde)

Prix de l'Agence française de Développement : Elle joue de Nahal Tajadod (Albin Michel)

Prix Gens de mer : Cosmographie universelle de Guillaume Le Testu de Franck Lestringant (Arthaud)

Prix Robert Ganzo de poésie : Serge Pey

Grand prix de l'imaginaire pour le roman francophone : Du sel sous les paupières de Thomas Day (Folio SF)

Grand prix  de l'imaginaire pour le roman étranger : La fille automate de Paolo Bacigalupi (Au Diable Vauvert)




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