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L'Académie Suédoise ne retirera pas son Nobel à Günter Grass

Clément Solym - 11.04.2012

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Günter Grass - prix Nobel - Académie Suédoise


Peter Englund, secrétaire permanent à l'Académie suédoise qui décerne chaque année le Prix Nobel de Littérature, s'est exprimé sur son blog au sujet du poème de Günter Grass, "Ce qui doit être dit", dans lequel l'auteur prétend qu'Israël menacerait l'Iran de frappes préventives sur ses sites nucléaires (voir notre actualitté). Le débat autour de ce poème ne suffirait pas, selon Peter Englund, à retirer le Nobel à son auteur.

 

Une association d'auteurs israéliens avait demandé à l'Académis Suédoise de s'exprimer sur cette affaire. Herzl Hakak, président de l'association, avait ainsi déclaré à l'AFP : « Ils doivent parler. Ce n'est pas politique, mais moral, car Grass est complice de blanchiments des déclarations génocidaires des dirigeants iraniens ».



S'exprimant sur son blog à ce sujet, Peter Englund s'est montré catégorique. « Concernant le débat actuel au sujet du poème de Günter Grass "Ce qui doit être dit", je souhaiterais souligner que M. Grass a reçu son Prix Nobel en 1999 pour son mérite littéraire et seulement pour son mérite littéraire - ce qui vaut pour tous les lauréats. Il n'y a et il n'y aura pas de discussion à l'Académie suédoise au sujet d'une annulation de cette récompense ».

 

Les sociaux-démocrates allemands prennent position

 

Par ailleurs, des responsables du SPD, le parti social-démocrate allemand, ont déclaré que Günter Grass n'était plus le bienvenu à leurs réunions. Günter Grass est depuis longtemps proche du parti, et a notamment manifesté son soutien lors de la campagne de Gerhard Shröder pour le poste de Chancelier en 1998.  Christian Lange, chef du groupe SPD au Bundestag, a déclaré au journal Die Welt qu'il était « hors de question » que Grass s'exprime maintenant au nom du SPD.

 

« Je ne veux plus voir Grass au cours d'une campagne du SPD », affirme également Reinhold Robbe. « De nombreux sociaux-démocrates verraient des évènements de campagne en présence de Grass comme une provocation. Son temps est révolu »

 

Un ancien parlementaire du parti, Wolfgang Thierse, a néanmoins estimé que le parti était en droit de critiquer les positions de Grass, mais « ne devrait pas le discréditer en temps que personne ».