L'adaptation de Ghost Rider, début de la fin selon Nicolas Cage

Antoine Oury - 29.04.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Nicolas Cage - Ghost Rider - Joe


Malgré les années, Nicolas Cage ne voulait pas quitter les écrans, et semblait accepter à peu près tous les projets qui se présentaient à lui. Si bien que l'acteur était devenu la risée d'Internet, qui collait à tort et à travers son visage sur à peu près tout. Dans un entretien au Monde, donné à l'occasion de la sortie de Joe, réalisé par David Gordon Green, l'acteur fait toutefois preuve d'une lucidité désarmante.

 

 

 

 

Joe est l'adaptation d'un roman de Larry Brown, écrivain américain né en 1951 et mort en 2004, comparé à Faulkner et classé parmi les maîtres du « réalisme sale ». Et le scénario pourrait bien faire renouer Nicolas Cage avec les films de qualité, lui qui a autrefois tourné avec les plus grands, de Coppola à David Lynch...

 

L'acteur lui-même porte un regard plutôt désabusé sur ces dernières années de carrière : « Vous vous souvenez de Bangkok Dangerous ? Le Dernier des templiers ? Hell Driver 3D ? Le Pacte ? Effraction ? Bien sûr que non ! Qui va se souvenir de telles merdes ? », explique-t-il au Monde, montrant par la même occasion qu'il n'a pas perdu tout sens de la mesure. 

 

Pour nombre de spectateurs, et Cage lui-même, la descente aux enfers a visiblement commencé avec l'adaptation du comics de Roy Thomas, Gary Friedrich et Mike Ploog, Ghost Rider. « Je me demande si le tournant n'a pas été Ghost Rider, un motard vendant son âme au diable. Une merde encore, qui avait le mérite de dire quelque chose de moi, avant que je traverse, plus tard, ma propre filmographie en fantôme », analyse-t-il.

Pour sauver son père victime d'un accident, le cascadeur Johnny Blaze a vendu son âme au diable. Mais ce marché a un prix qu'il ne tarde pas à découvrir : humain la journée, il devient le Rider la nuit, un chasseur de primes traquant les âmes échappées de l'enfer. Lorsque Roxanne, son ancien amour, est menacée, Johnny décide d'utiliser ses pouvoirs pour se retourner contre son Maître...

Le rôle de Joe pourrait permettre à l'acteur de remettre un peu de coeur à l'ouvrage, lui qui semble prendre ses rôles très à coeur : « Je ne vous surprendrai pas si je vous dis que Joe c'est moi. Je voulais me servir de tout ce que j'avais vécu pour donner corps à un personnage qui avait tout perdu, se cherchait une raison de vivre et la trouvait avec ce gamin. Et puis Joe m'a prouvé que j'étais encore capable d'être un acteur, pas un guignol qui hante le cinéma d'action. »

 

Sa justification, c'est essentiellement l'argent : le train de vie de l'acteur, extrêmement luxueux, était doublé de lubies plus ou moins communes. Rappelons que Cage, fan inconditionnel de comics, a nommé un de ses fils Kal-El, le nom kryptonien de Superman...