L'affaire Dreyfus deviendra un polar avec Polanski

Clément Solym - 10.05.2012

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - affaire Dreyfus - Emile Zola - Roman Polanski


Chaque 13 janvier, on peut célébrer l'anniversaire du célèbre article d'Émile Zola défendant l'officier Dreyfus, publié dans L'Aurore en 1898. L'affaire Dreyfus soulevait l'indignation, d'un côté comme de l'autre, et divisa le peuple des intellectuels, qu'elle avait créés par la même occasion. 

 

Eh bien, c'est de cette histoire que s'inspirera Roman Polanski pour son prochain film, ainsi qu'il l'explique à Hollywood Reporter. Son long métrage, nommé D, portera sur la célèbre histoire du militaire condamné suite à un scandale politique de vaste ampleur.

 

Le capitaine Alfred Dreyfus, accusé d'avoir livré des renseignements de grande importance à l'armée allemande, de par ses origines alsaciennes, autant que juives, sera dégradé, et finalement banni de l'armée.

 

 

 

« J'ai longtemps voulu faire un film sur l'affaire Dreyfus, en la traitant non pas comme un film en costumes, mais comme une histoire d'espionnage. De cette manière, on peut montrer son absolue pertinence sur ce qui se passe dans le monde aujourd'hui. Le spectacle séculaire de la chasse aux sorcières lancée contre un groupe minoritaire, la paranoïa sécuritaire, les tribunaux militaires secrets, les agences de renseignements extérieurs hors de contrôle, les abus gouvernementaux et une presse enragée. »

 

Une place, assurément, pour le romancier naturaliste dans cette approche !

 

Pour mémoire, un livre était paru en août 2011, qui faisait s'effondrer le mythe des intellectuels de l'époque dreyfusienne. 

 

Son livre, The Man on Devil's Island (L'homme sur l'ile du Diable, 2010) est une avancée majeure dans l'analyse de l'évènement. Plutôt que d'y voir deux clans bien opposés, les bons et les mauvais, comme nous aimons à le penser de par chez nous, Ruth Harris montre les liens entre les deux partis. Les « intellectuels », qu'elle soutient (peut-il en être autrement ?) en prennent pour leur grade. 

 

L'idée que l'on s'était faite jusque-là de l'affaire est plutôt simple. Nous avions assimilé les deux camps à la droite et la gauche politique française. Avec les intellectuels à gauche, et les catholiques à droite. Comme si nous étions Américains (c'est pratique parfois). 

 

Premier point : alors que les Dreyfusards décrient un complot catholique, le frère Mathieu s'est largement appuyé sur la religion pour défendre la cause de son aîné. Et il est de notoriété publique que les préceptes du catholicisme sont bien plus proches de la gauche, que de la droite - et ce, même si le regretté G.W.Bush a remis au goût du jour les Croisades. (voir notre actualitté)

 

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