L'Afghanistan en trois documentaires d'Atiq Rahimi

Cécile Mazin - 02.03.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Atiq Rahimi - Afghanistan - documentaires


On le sait féru de cinéma, puisqu'avec l'adaptation de Syngué Sabour - Pierre de patience, le prix Goncourt  2008 Atiq Rahimi s'est lancé de nouveau dans l'aventure des salles obscures. Or, pour cette occasion, Collection Opus vient de sortir un coffret de trois DVD, Atiq Rahimi, romancier et cinéaste, qui présente trois documentaires signés par l'écrivain. Chacun touche à l'Afghanistan, pays natal de Rahimi.

 

« Je suis bouddhiste parce que j'ai conscience de ma faiblesse, je suis chrétien parce que j'avoue ma faiblesse, je suis juif parce que je me moque de ma faiblesse, je suis musulman parce que je condamne ma faiblesse, je suis athée si Dieu est tout puissant », s'exclame Atiq Rahimi. Une introduction comme une autre à ce retour sur les terres afghanes, qui sont une véritable source d'inspiration pour son oeuvre.

 

Né en 1962 à Kaboul, Atiq Rahimi connut le français au sein du lycée franco-afghan de la ville, puis entre 1979 et 1984 vécut la guerre contre les Russes. Son départ pour la France, il l'impute à Victor Hugo et Marguerite Duras, tous deux responsables, selon lui.

 

Dans ce coffret DVD, on retrouvera trois approches bien distinctes de l'Afghanistan, alors que le documentaire lui permet d'évoquer ce pays et son histoire complexe

 

 

ZAHER SHAH : LE ROYAUME DE L'EXIL

Zaher Shah, ancien monarque d'Afghanistan, monté sur le trône en 1933 a été renversé par un coup d'Etat en 1973. Depuis vingt-cinq ans, il vit en exil dans une modest villa de la banlieue romaine. Après son long silence durant les années de guerre, il nous parle des moments importants de sa vie: son règne, ses années d'exil et ses dernières tentatives pour sauver son pays. Une rencontre avec l'ex-roi d'Afghanistan en exil à Rome depuis 1973.

Durée : 55 min.

 

(A)FGHANISTAN : UN ETAT IMPOSSIBLE

En 1973, Daoud mettait fin à la monarchie en renversant le Roi, son cousin et beau-frère. Mon père, monarchiste fut alors emprisonné. Je n'ai jamais compris son attachement au Roi, ni pourquoi il se plaisait à répéter que le coup d'État coûterait un “a” à l'Afghanistan. Afghanistan veut en effet dire “terre des Afghans”. Avec un “a” en moins, cela devient “fghanistan” qui littéralement signifie “terre de plaintes et de cris”… Les évènements qui se sont succédé depuis, ont malheureusement donné à sa parole une justesse prophétique. Le film est un voyage à travers les trois dernières décennies pour y redécouvrir mon identité, mon pays et son destin, qui est devenu depuis le 11 septembre 2001 le destin du monde.

Durée : 52 min.

 

NOUS AVONS PARTAGE LE PAIN ET LE SEL

En Afghanistan, on le connaissait sous le nom de "Padar", ce qui signifie "Père", terme plus familial que religieux. Aujourd'hui, las et fatigué après cinquante ans de voyage et d'exil, Père Serge de Beaurecueil s'est retiré dans un couvent à Paris.

À 81 ans, dans sa petite chambre, il vit dans sa solitude méditative. Pour lui, sa vie si aventureuse et religieuse se résume par un seul sentiment : "l'amour pour ses enfants adoptifs" qui vivaient dans son orphelinat privé, à Kaboul. Il en avait une trentaine. Ils n'étaient pas tous de Kaboul, mais des quatre coins d'Afghanistan.

D'ethnies et de langues différentes, ils "partageaient le pain et le sel " sous un même toit, celui du Père de Beaurecueil. Le père dominicain Serge de Laugier De Beaurecueil («Padar») feuillette l'album de famille de ses orphelins de Kaboul.

Durée : 55 min.