Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

L'Angleterre souffre d'un manque de femmes

Julien Helmlinger - 21.08.2013

Culture, Arts et Lettres - Salons - Feminisme - Quota - Kate Mosse


Où sont les femmes, se demandait autrefois Patrick Juvet sur fond de mélodie disco. Cette semaine, elles se trouvent à l'honneur du Festival du livre d'Édimbourg. Au menu de la manifestation annuelle ont été programmés deux débats sur la question du féminisme, avec Kate Mosse. Pas l'égérie Coco Chanel 2001, celle aux charmes plus littéraires, écrivaine et fondatrice du Women's Prize for Fiction. Ce mardi se tenait le show intitulé Fifty Shades of Feminism, l'occasion pour la dame d'évoquer les quotas féminins au sein du parlement de Westminster.

 

 


 Crédits : Beverly and Pack (cc by 2.0)

 

 

Pour les intervenantes, la romancière Kamila Shamsie et Kate Mosse, des quotas doivent être introduits afin d'équilibrer la balance des sexes au sein de l'assemblée parlementaire britannique. Un outil que la créatrice de Prix littéraire féminin présente comme « contondant », mais qui aurait le potentiel de réellement changer la donne à l'avenir. Un système imparfait selon elle, mais possiblement bénéfique.

 

Si nous vivions dans le meilleur des mondes, le débat n'aurait pas lieu d'être, mais les chiffres indiqueraient que tel n'est pas le cas à l'heure actuelle et Kamilla Shamsie estime alors qu'une action doit être entreprise. Sur les sièges du parlement britannique, on dénombrerait pas plus de 22 % de députées femmes. Le palais écossais de Holyrood, ferait à peine mieux avec 35 % de femmes en son sein.

 

L'écrivaine, qui a grandi au Pakistan, soutient que la mise en place de quotas au sein de l'assemblée parlementaire pakistanaise constitue un exemple positif, ayant eu un impact non négligeable dans l'institution. Soulignant le caractère purement misogyne des violences faites aux femmes non seulement dans des contrées comme l'Égypte ou le Pakistan, mais également partout ailleurs dans le monde. Pour elle il ne s'agit pas de question de nationalisme ou de religion, simplement du machisme.

 

Courant 2012, The Guardian présentait les résultats d'une étude classant la Grande-Bretagne en 53ème dans le monde pour sa représentation parlementaire féminine. À la traîne par rapport aux pays nordiques, affichant une moyenne de 42 % de femmes, et loin du Rwanda, qui avec un système de quotas, était le seul parlement avec une majorité féminine dans sa chambre basse, soit 45 des 80 sièges.

 

À noter également que selon un rapport publié cette même année par les Nations Unies, sur 59 pays ayant tenu des élections en 2011, 17 d'entre eux fonctionnaient avec des quotas. Il en résulterait que ces contrées ont obtenu 27 % de sièges parlementaires occupés par des femmes, contre 16 % dans les pays qui ne pratiquent pas de tels quotas.