L'animation résolument hostile aux femmes selon Geena Davis

- 28.06.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - parité - féminisme - sexisme


Exit la politique et les postes clés des directions, l'industrie de l'animation serait particulièrement frappée par l'absence de femmes, doubleuses comme alter-ego 3D. Sensible à la question de la disparité homme/femme dans l'industrie du divertissement, l'actrice Geena Davis a fait état de chiffres critiques à la conférence de la Society for Animation.

 

 

 

 

 

 

Ainsi, 17 % seulement des syndiquées de l'Animation Guild sont des femmes, pourcentage identique à celui des personnages féminins dans les films en images de synthèse. Fondatrice d'un institut d'étude éponyme sur le genre dans les médias, Davis a rappelé que les séries animées pour les 7-11 ans étaient les plus frappées par le phénomène. Pire encore, la disparité n'aurait pas évolué depuis 1946.

 

Comble de l'ironie, si le manque de scénaristes femmes induirait une place très mineure des héroïnes dans les fictions, l'institut pointe du doigt des clichés qui accentuent le cercle vicieux. Peu présente, la gent féminine serait caractérisée par une hypersexualisation. Davis note que les demoiselles portent aussi peu de vêtements dans les fictions animées tout public que dans les contenus réservés aux adultes.

 

Partisane d'une parité dans le divertissement éducatif, l'actrice déplore que les petites filles consomment des séries produites à destination des petits garçons, mais que l'inverse n'est pas envisagé. Et préconise de changer simplement l'identité sexuelle de certains personnages au moment de l'écriture des scénarios pour rééquilibrer la balance. Détruire certaines barrières mentales, la télévision a eu sa part de responsabilité.

 

Mais la fondatrice de l'institut se veut optimiste : « Les médias sont incroyablement puissants et peuvent avoir une influence positive inimaginable. Ils peuvent produire des opportunités de dépasser ces biais inconscients et ses barrières sociales », a-t-elle estimé. La chantre de la parité cite le personnage de Dora, le poisson particulièrement drôle de Nemo et l'émergence des personnages féminins dans les séries comme Les experts pour confirmer une mutation.