L'Argentine a réglé sa dette auprès du Salon du Livre de Paris

Antoine Oury - 04.03.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Salon du Livre de Paris - Argentine facture impayée - 400.000 € honorée


En octobre dernier, c'est pratiquement un petit incident diplomatique qui se profilait, quelques mois après le Salon du Livre de Paris 2014. L'Argentine, pays invité d'honneur de cette édition, avait omis de régler une facture de 400.000 € au Salon du Livre de Paris, plus précisément à Reed Expositions. Tout est rentré dans l'ordre, a assuré le commissaire général du Salon, Bertrand Morisset, au cours d'une conférence de presse.

 


L'Argentine redevable de 400.000 € au Salon du livre de Paris, par Emma Gache

Des agents de Reed Expo avaient été dépêchés sur le terrain

Dessin de Emma Gache, du CESAN (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Pour faire venir pas moins de 54 auteurs sur le stand de l'Argentine, de nombreux frais avaient été engagés, pour moitié par le pays invité, l'autre étant assumé par la France. Sauf que la facture de 400.000 € tardait à être honorée, du côté argentin. « Le contrat était clair, et la prestation a été parfaitement exécutée par les organisateurs français et argentins. Mais depuis trois mois, la société Reed Exposition est sans nouvelle des services argentins », s'alarmait à l'époque Bertrand Morisset, le commissaire général du Salon.

 

« Les temps difficiles que connaît l'Argentine ne justifient pas d'une quelconque manière ce silence ou le non-respect des engagements contractuels pris entre le gouvernement argentin et la société organisatrice du Salon du livre », ajoutait-il. 

 

Dès le lendemain de cette annonce, le 9 octobre 2014, le ministère de la Culture argentin avait fait part de toute sa gêne suite à cet impair. Dans un communiqué, il assurait être « au courant des engagements », qui avaient été pris vis-à-vis de l'organisateur. Selon lui, « le retard dans le paiement [...] [était] exclusivement dû à des raisons bureaucratiques ».

 

« C'est comme lorsqu'un ami vous doit 100 €, au bout de 6 mois, on lui demande de manière un peu plus ferme », a rappelé Bertrand Morisset, revenant sur l'incident. « Le Salon, ou plutôt Reed qui a assumé les factures, a été totalement payé. Visiblement, les règlements s'étaient échelonnés les 8 et 9 octobre, pour éviter des retombées plus importantes.

 

Des raisons administratives semblaient bien derrière ce retard de paiement : « La conjoncture est un peu difficile avec l'Argentine, notamment suite au scandale des fonds vautours [des fonds d'investissement qui rachètent la dette de l'État pour spéculer, NdR]. C'est le ministère de la Culture qui s'est chargé du Salon, et non celui des Affaires étrangères, et ils ont subi beaucoup de changements au niveau administratif. »

 

En 2013, le Salon avait réalisé un bénéfice de 700.000 €, au titre du Syndicat National de l'Édition, qui coorganise l'événement avec Reed Expos. Une facture de 400.000 € représentait malgré tout un montant non négligeable, que Reed a finalement pu récupérer. La situation était inédite : Roumanie et Japon, les invités des années précédentes, avaient réglé leurs factures dans les temps.