L'Argentine pardonne Vargas Llosa : l'invitation tient toujours

Clément Solym - 03.03.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - foire - livre - buenos


Fin de la polémique, le père Vargas Llosa est pardonné. Un peu rapidement trouveront certains, mais l'Argentine préfère passer l'éponge sur des déclarations houleuses et avoir son Nobel de littérature pour l'inauguration de la Foire du livre de Buenos Aires.

C'est que, l'écrivain n'y était pas allé de main morte dans ses déclarations contre Cristina Klirchner, la présidente. (notre actualitté)

Les intellectuels d'Argentine étaient montés au créneau pour défendre leur présidente, et le directeur de la bibliothèque nationale d'Argentine, Horacio Gonzalez, avait réclamé que l'invitation de l'écrivain à la Foire soit annulée. Mieux : les organisateurs avaient prévu de faire deux inaugurations, le 20 et 21 avril, afin que Vargas Llosa et la présidente ne se croisent pas.

Bilan des courses, même la femme du Nobel est intervenue. « Tout cela est absurde. » D'abord parce que certaines des pires allégations qu'on lui avait prêtées, et vues sur son profil Facebook, sont de la calomnie, puisque Vargas Llosa n'a tout simplement pas de compte.

Mais c'est la présidente elle-même qui est intervenue pour faire en sorte que la pétition réclamant l'annulation de sa venue - et initiée par le directeur de la Bibliothèque - disparaisse. « Je me suis accordé avec la présidente, mais je ne peux m'empêcher de dire ce que je pense personnellement de Vargas Llosa », explique Anibal Fernandez, directeur de cabinet à la Culture. (via Buenos Aires Herald)

De son côté, l'écrivain a fait quelques déclarations invitant à relativiser un peu son point de vue sur l'Argentine. « Le véritable succès d'une société est d'avoir réduit au maximum le malheur de l'homme, ou d'avoir mieux préparé son peuple à résister aux revers du destin, à l'échec - ce que nous appelons le malheur. »

Federico Andahazi, écrivain argentin, est également intervenu, rapporte l'AFP : « Je ne partage pas les idées politiques de Vargas Llosa, mais aucun écrivain ne peut s'octroyer le droit de demander qu'on censure et qu'on réduise au silence un collègue. »