L'autobiographie d'Angela Davis, bientôt au cinéma

Antoine Oury - 11.08.2016

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Angela Davis : an Autobiography, les mémoires de la militante américaine du mouvement des droits civiques Angela Davis, seront bientôt adaptées au cinéma, avec un film produit par Codeblack Films. Ce biopic, encore sans date de sortie ni casting, devrait revenir sur l'adolescence de Davis, son engagement au sein du Parti communiste et des Black Panthers et sur la traque par le FBI dont elle fut la victime.

 

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(thierry ehrmann, CC BY 2.0)

 

 

Paru en 1974, quelques mois seulement après sa sortie de prison, Angela Davis : An Autobiography empruntait à la fois à l'essai politique et à l'écrit introspectif : Angela Davis, tout juste 30 ans, y revenait sur son enfance à Brimingham, dans l'Alabama, accompagnée par le racisme meurtrier du KKK et la survie difficile des Afro-Américains. 

 

À cette époque, ses engagements au sein du Parti communiste et des Black Panthers la placent immédiatement sous l'œil furibond du FBI, qui, sous la direction de J. Edgar Hoover, traque alors sans relâche tout individu susceptible de devenir un élément perturbateur. Angela Davis correspond parfaitement à cette cible, d'autant plus que l'influence communiste lui fait voir l'importance d'une alliance de la classe ouvrière américaine tout entière pour transcender le combat afro-américain.

 

À l’université Brandeis du Massachusetts, à partir de 1962, Davis découvrira les existentialistes français Jean-Paul Sartre et Albert Camus, mais aussi les philosophes Herbert Marcuse et Theodor W. Adorno. Elle effectue plusieurs séjours en Europe avant de revenir aux États-Unis pour participer au mouvement Black Power, dont elle deviendra bientôt l'un des symboles.

 

Le soutien qu'elle témoigne aux Frères de Soledad, trois prisonniers noirs américains accusés du meurtre d'un gardien de prison, la rendra coupable aux yeux du FBI de l'organisation d'une prise d'otage meurtrière au cours de laquelle un juge fédéral est tué. Elle est pourchassée par la police pendant plusieurs jours avant d'être emprisonnée pendant plusieurs mois.

 

Elle clame bien sûr son innocence, et la mobilisation internationale pour sa libération est très forte : elle peut compter sur le soutien de Sartre, John Lennon et Yoko Ono ou encore les Rolling Stones. Elle est libérée en 1972, et reprend immédiatement ses combats, plus remontée que jamais, avec des discours très engagés sur le racisme, la paix aux Viet Nam, le féminisme ou encore les exactions de l'État américain contre les Black Panthers.

 

La société de production du prochain film, Codeblack Entertainment, est déjà à l'origine d'un documentaire sur l'activiste, sorti en 2012, Free Angela and All Political Prisoners, film de Shola Lynch. On retrouve également Nina Yang Bongiovi à la production, à l'origine des films Dope et Fruitvale Station. Angela Davis elle-même est productrice exécutive et sa propre nièce, Eisa Davis, rédigera le scénario adapté de son autobiographie.

 

Publiée pour la première fois en 1975 en France par Albin Michel dans une traduction de Cathy Bernheim, l'Autobiographie d'Angela Davis a été republiée en 2013 par les éditions Aden enrichie d'un entretien inédit d'Angela Davis avec Gilles Martin et Daniel Zamora.

 

 

 

via Variety