L'Empire contre-écrit pour la 33e édition des Assises de la traduction littéraire

Antoine Oury - 07.09.2016

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Chaque année, et ce depuis plus de 30 ans, l'ATLAS, Association pour la promotion de la traduction littéraire, organise à Arles les Assises de la traduction littéraire. Trois jours de débats, autour d'un thème, avant un compte-rendu publié par Actes Sud quelques semaines plus tard en coédition avec l'ATLAS.

 

 

 

Intitulées L'Empire Contre-Écrit, ces Assises proposeront des conférences, des tables rondes, des ateliers de traduction et des lectures, animés par une quarantaine d’intervenants, dont certains très attendus : Souleymane Bachir Diagne, Jacques Roubaud, Florence Delay, Hédi Kaddour, Myriam Suchet… En clôture, Jacques Bonnaffé viendra porter témoignage de ces trois jours de manifestation consacrés à la traduction littéraire.

 

Si l’on considère que chaque langue exprime une façon unique de concevoir le monde, à la fin d’un conflit, il en apparaît toujours deux : la langue du vainqueur et celle du vaincu. Ce phénomène, que l’on constate pour toute sorte de conflit — mondiaux, sociaux, familiaux — est d’autant plus flagrant quand on considère le fait colonial, où de toute évidence, l’entrelangues qui naît de ces différentes conceptions du monde trouve un terreau fertile. Comment cela se traduit-il dans la littérature ? Et surtout, comment le traduit-on ? C’est à ces questions que vont tenter de répondre nos 33es Assises.

 

Il y sera question de la façon dont la langue anglaise, dominante, se fragmente et se singularise selon qu’elle s’écrit au Nigeria, en Afrique du Sud, au Népal ou en Irlande. De la façon dont les français du monde se traduisent, qu’ils soient d’Algérie, du Congo ou d’Haïti. On y traduira de l’espagnol teinté de quechua, du russe mêlé de tchouktche, ou du hongrois où transparaît l’allemand …

 

Le titre, emprunté à Salman Rushdie, nous invite à réfléchir à l’état du monde et au rôle que joue la littérature, nourrie de traduction, dans la vie et la mort des langues.

 

Au programme, notamment :

 

  • des ateliers de traduction, savants, ludiques et ouverts à tous: anglais de Papouasie et du Népal, italien de Sardaigne ou de Sicile, russe de Sibérie, espagnol du Pérou ou de Guinée équatoriale, hongrois, provençal ou arabe seront au programme.
  • des tables rondes et débats réunissant des traducteurs de renom, français et étrangers : Florence Delay, Jean-Pierre Richard, Dominique Vitalyos, Yasmina Melaouah, Regina Keil-Sawage, Frank Wynne et des auteurs tels que Jacques Roubaud, Hédi Kaddour, Sylvain Prudhomme…
  • des conférences et carte blanche très attendues de Souleymane Bachir Diagne, Myriam Suchet et Claire Joubert.
  • de nombreuses lectures, dont une lecture musicale du Poème du Rhône de F. Mistral par Claude Guerre et une lecture-spectacle venue du Québec, proposée par Dany Boudreault.

 

Le programme complet à cette adresse.