L'enjeu du numérique, c'est le marché que constituent les jeunes

Clément Solym - 06.10.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - ebook - augmenter - lecture


Les premières salves ont été tirées, mais d'ici au 10 octobre, d'autres viendront, avec toujours une perspective : puisque les jeunes aiment les écrans, on va leur en mettre plein l'écran !

C'est une initiative allemande qui a dégainé : Libroid, l'application pour iPad qui ne s'arrête jamais, ne commence jamais, comme une sorte de lecture infinie que l'on peut enrichir en permanence. Problème, il faut un iPad...

On veut du neuf, à tout prix ?

Mais à Francfort, l'édition se rend bien compte que les nouveautés, ce ne sont plus uniquement les auteurs qui ont vendu à très forte dose ici où là, mais aussi les nouveaux formats, les choses insolites, les ebooks améliorés.


La BD devient une convergence entre jeu vidéo et cases statiques, les livres se veulent immersifs plus que jamais... D'ici cinq années, estime Juliane Schulze, de la société de conseil Peacefulfish, les livres auront une dimension multimédia évidente, avec liens internet et vidéo, de base.

L'une des expériences notées par l'AFP, partie en reportage, est celle de Ken Follett, grand bonhomme dans l'édition, mais dont l'application ressemble plutôt à un tiroir mal rangé, dans lequel on a fourré tout ce que l'on pouvait. Reste que si cela intrigue la presse, c'est que le grand public va le découvrir sous peu. (voir notre actualitté)

Quid de la qualité ?

Dans tous les cas, le numérique est partout. Mais comment ne pas se demander où va une industrie qui ne se consacre plus qu'au support et moins au fond même des produits qu'elle vend ? N'y a-t-il pas un écueil à vouloir à tout prix du numérique, en prenant le train en marche, un peu trop aveuglément ?

Cornelia Funke, auteure allemande de littérature jeunesse relativise : « Tout commence avec un livre. L'amour de la lecture démarre environ vers trois ans, quand on choisit pour la première fois son livre préféré. Dix ans plus tard, ce livre peut bien être en fait un écran. »

Ouf, quel soulagement ! Après tout, il aurait été simple de basculer d'un extrême à l'autre, en remettant puis en prenant tout du numérique. Et quand on se demande si l'ebook tuera le livre, une bien jolie image est donnée par un éditeur australien, Gordon Cheers. Dans les années 80, tout le monde a cru que les montres à quartz allaient tuer le marché. Si certains fabricants de montres traditionnelles ont mis la clef sous la porte, il existe toujours des présidents pour revendiquer leur montre à aiguilles...

Le programme serait alors simple : dans 5 à 10 ans, ceux qui ont adopté avec furie les écrans reviendront avec plaisir au papier. À condition qu'il leur en reste...