L'enlèvement de Michel Houellebecq, bientôt sur ARTE

Julien Helmlinger - 21.08.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Michel Houellebecq - Guillaume Nicloux - Documentaire fiction


Ce 27 août, à partir de 22 h 15 sur Arte, sera diffusée la comédie aux airs de documentaire de Guillaume Nicloux, L'Enlèvement de Michel Houellebecq, avec l'écrivain campant son propre rôle. Une fiction que l'on doit à une rumeur, partie en septembre 2011. L'auteur était absent d'un colloque auquel il était convié et voilà que l'idée d'un kidnapping se propage. La légende était fausse, mais le concept prend vie sur les écrans avec un peu d'improvisation.  

 

Un patch de nicotine, vite, on risque de le perdre

 

 

Le pseudo-documentaire de la chaîne de télévision franco-allemande nous montre ce qui aurait bien pu se passer, ou pas, si un véritable trio de pieds nickelés avait eu l'idée de séquestrer l'auteur des Particules élémentaires dans un pavillon du Loir-et-Cher. Une aventure improbable, à la fois drôle et sentimentale, et où l'on cause de littérature, évidemment.

 

On imagine qu'enlever un écrivain peut animer les dîners bien arrosés, si bien que les truands et Houellebecq finiraient par nouer une relation truculente, selon « AFP, à coups de dialogues parfois surréalistes et le plus souvent hilarants. Comme le présente le réalisateur Guillaume Nicloux : « La tonalité du film a été donnée par les personnages eux-mêmes. On inventait en faisant. Je n'ai pas choisi que cela aille vers la comédie ni vers l'empathie entre otage et ravisseurs. »

 

C'est donc au feeling qu'un syndrome de Stockholm inversé s'est incrusté dans le scénario. L'équipe de ravisseurs et ses parents septuagénaires, une famille haute en couleur, se retrouve à partager des considérations à propos du Seigneur des Anneaux, de Lovecraft, la paternité, la démocratie représentative ou le milieu littéraire qui ne ferait « pas trop dans la coke, mais volontiers dans la pédophilie ».

 

Michel Houellebecq s'est confié quant au film, expliquant que « c'est ma fonction d'écrivain qui est mise à nu. Écrivain, c'est un métier qui intrigue. Et je pense que j'aurais réagi à peu près comme ça s'il s'était agi d'un véritable enlèvement. Et puis, je me suis trouvé drôle par moment ! »

 

Le cinéaste précise que le moteur de son projet était de saisir le vrai Michel Thomas, patronyme de l'auteur, plutôt que le personnage Houellebecq. C'est pourquoi il aura jugé bon de le confronter à des personnages hauts en couleur et de « voir ce qui allait se produire ».

 

L'occasion pour l'écrivain de faire le bilan de son existence, comme après un véritable kidnapping. « En vérité, je ne suis pas si mécontent de ma vie. Ça pourrait s'arrêter, je m'en ficherais. » Pas peur de la mort, donc ? Enfin, pas tout de suite à moins que l'agenda ne permette un aller-retour. Car Houellebecq sera bientôt à l'affiche d'un autre film, en salles le 10 septembre, le Near Death Experience réalisé par Benoît Delépine et Gustave Kervern.