"L'esprit de résistance" de Charlie soufflera sur Étonnants voyageurs

Clément Solym - 23.01.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Etontants voyageurs - Charlie Hebdo - réunion écrivains


Le Festival Etonnants voyageurs, qui organise sa 25e édition à Saint-Malo, fera « écho aux terribles événements » qui ont frappé la rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier dernier. Du 23 au 25 mai, la cité accueillera quelque 200 écrivains, venus du monde entier et Michel Le Bris, organisateur, souhaite rendre un hommage tout particulier aux dessinateurs de Charlie.

 

Marche républicaine Charlie

ActuaLitté, CC BY SA 2.0 

 

 

« Je suis Charlie. Nous sommes tous, depuis hier, Charlie. Avec d'autant plus d'émotion, pour ce qui me concerne, que beaucoup de ceux assassinés sont des compagnons de mai 68. Ils étaient l'esprit de mai, la jeunesse de la rébellion, la folle générosité, l'esprit aussi de résistance », écrivait-il au lendemain de l'attentat à la rédaction de l'hebdomadaire satirique. 

 

La 25e édition d'Etonnants voyageurs posera alors plusieurs questions, pour invoquer un esprit de résistance, comme celui que revendiquait déjà Charb. Ainsi, « ce crime abject nous met face à la réalité : nous sommes en guerre. Une guerre fondamentale, qui touche à nos valeurs. Dès lors : quelles valeurs sommes-nous prêts à défendre – en sachant que les raisons de vivre sont celles pour lesquelles nous sommes prêts à mourir ? »

 

Hier, rappellent les organisateurs, c'était le nazisme qui frappait, aujourd'hui, l'islamo-fascisme est bien présent. « On nous parle de “crise” ? La crise est celle-là : de valeurs. Magnifique aura été la réponse de centaines de milliers de personnes descendant dans la rue spontanément. »

 

Il importe, affirme Michel Le Bris, que « nos amis de Charlie Hebdo ne soient pas morts pour rien ». Lors de la manifestation du 11 janvier, tout « un peuple dressé, un peuple retrouvé » s'était réuni contre « l'abjection » et pour « affirmer les valeurs à ses yeux essentielles ». Dès lors, il reviendra au festival de pouvoir évoquer une France plurielle, et le pouvoir de la littérature, tant dans les flux migratoires, que dans les liens qu'elle peut apporter.