L'Etrange cité des Kabakov ouvre Monumenta 2014

Cécile Mazin - 10.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Monumenta 2014 - Grand Palais - Kabakov


Actuellement au Grand Palais, le couple d'artistes russes Ilya et Émilia Kabakov invitent à rêver entre les murs de leur étrange cité. La sixième édition de Monumenta s'ouvre ainsi sur la découverte d'une cité utopique. Le concept de Monumenta est d'inviter un créateur contemporain à concevoir une œuvre d'envergure dans les 13 500 m2 de la Nef, sous l'immense verrière du Grand Palais.

 

 

Monumenta 2014 : l'étrange cité © Didier Plowy

 

Les artistes russes conceptuels ont travaillé durant plus de trente années à Moscou, avant de quitter le pays, et vivre aux Etats-Unis. Ilia Kabakov compte comme l'un des dix plus grands artistes contemporains actuels. Emilia, est un sculptrice et peintre, elle s'est mise à travailler avec son mari à la fin des années 80. 

 

Pour cette réalisation au Grand Palais, Emilia explique : « Nous n'avons pas été impressionnés par la taille du projet car nous avons l'habitude de réaliser des créations de grandes dimensions, mais nous avions peur de la lumière changeante de la verrière. C'est pourquoi nous avons fermé les différents espaces. Cela permet également de créer un contraste. Le visiteur sort de la réalité de Paris pour rentrer dans celle de l'artiste. » 

Cette cité idéale est accessible par un labyrinthe encerclé par une double enceinte abritant cinq pavillons. Elle se veut une parabole sur les cinq âges de la vie. Les cinq édifices sont affublés de noms mystérieux : Le musée vide, Manas, Le Centre de l'énergie cosmique, Comment rencontrer un ange ?, Les Portes. Dans chaque construction, le visiteur se retrouve dans un mini-musée, édifié de façon circulaire, avec une pièce centrale, des toiles et des maquettes sur les pourtours. Ces cinq bâtiments relatent cinq récits différents de la quête d'un au-delà réaliste, d'une utopie possible ici-bas, d'un rêve humain touchant à l'universel à l'aide de différents éléments : peintures, dessins et maquettes. L'enjeu est d'immerger les visiteurs dans un univers au-delà de la vie ordinaire, dans la métaphysique et le sacré.

La présence de la double enceinte est une métaphore intéressante. Cette forteresse rappelle nos propres murs que nous construisons pour nous protéger de l'environnement extérieur et en nous calfeutrant dans nos appartements. Cette double enceinte pouvant être franchie, elle symbolise plutôt le souhait de se protéger que d'une protection réellement efficace. (voir WIkipedia)

 

On se retrouvera ici au milieu de constructions étonnantes, prises dans le dédale d'une « œuvre d'art totale », assure le Grand Palais. Pour l'occasion, un city guide interactif est disponible pour appareils iOS, permettant au visiteur de se géolocaliser dans l'espace de l'exposition, et de la ville, ainsi que de suivre un parcours, de constituer un carnet de visite rassemblant ses photos ou vidéos. Les clichés et commentaires seront également rediffusés sur les écrans de la nef du Grand Palais. 

 

 

 

Un ouvrage publié chez Beaux Arts Magazine sera disponible à compter du 11 mai, réunissant les clichés de l'exposition. Jean-Hubert Martin, commissaire de Monumenta 2014, présente l'exceptionnelle installation à découvrir dans la Nef du Grand Palais du 10 mai au 22 juin 2014.