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L'exposition Présence africaine s'installe à Dakar

Clément Solym - 13.03.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - presence - africaine - universite


Dakar fait oublier un instant que la ville est liée à cette épopée idiote à travers les dunes, le temps d’une exposition emmenée par le quai Branly, qui présente Présence africaine. Une aventure éditoriale multiple, au travers d’une revue, d’une maison d’édition et d’une librairie.

Présence africaine, réunissait dans les années 40, un projet visant à défendre la culture noire. Alioune Diop, intellectuel d’origine sénégalaise, fit démarrer l’ensemble par la revue, en 1947. Puis deux ans plus tard, vint la maison et finalement, en 62, la librairie - toutes prenant pied dans Paris.

Sarah Frioux-Salgas, historienne et commissaire de l’exposition, explique à l’AFP : « Présence Africaine est une grande aventure éditoriale qui a eu lieu à Paris (à la fin des années 40). Tous les grands intellectuels de gauche ont soutenu ce projet qui a été un lien fédérateur des intellectuels anticolonialistes et des auteurs colonisés. »

Décédé en 1980, Alioune Diop publia des textes forts, destinés à lutter contre les stéréotypes et les préjugés de la société d’alors - textes que l’on relirait avec justesse en cette époque où être Auvergnat dissimule mal auprès d’un ministre de l’Intérieur, que vous avez plutôt une tête d’Arabe... Parmi ces oeuvres, certaines avaient été frappées de censure, notamment Nations nègres et culture, du Cheikh Anta Diop, que ses professeurs de la Sorbonne avaient refusé en 1954...

Présence africaine : une tribune, un mouvement, un réseau avait séjourné au quai Brnaly de novembre à janvier 2010. Et désormais, c’est à Dakar que se prolongera l’aventure, soutenue à l’époque de sa création par Sartre ou encore Gide. Diop s’était en effet « engagé dans un combat pour la reconnaissance des cultures noires qui se transforme rapidement en une lutte contre le racisme et pour la liberté culturelle, politique et économique de l'Afrique ».

Aujourd’hui, la femme de Diop a repris la maison d’édition, mais la revue aura subi plusieurs revers, cessant de paraître entre 80 et 82. Son rédacteur en chef, Romuald Fonkoua : « Les bureaux ouverts dans plusieurs capitales africaines ferment progressivement (...) parce que les États avaient décidé de ne plus s'en occuper. » Avec les mêmes problématiques que celles rencontrées par la presse aujourd’hui : trouver un modèle économique...

L’université de Dakar accueille aujourd’hui cette exposition, tout à la fois débat d’idées et rencontre avec un mouvement de pensée. « Alioune Diop a été l’homme de la rencontre. Il avait réussi à réunir des gens qui avaient des idées tout à fait différentes, non seulement sur le plan politique, mais aussi sur le plan philosophique ou religieux. Alioune Diop n’a pas beaucoup écrit, mais il a permis aux gens d’écrire. Ça prouve une certaine générosité. C’était un homme de rencontre, c’était un homme de dialogue », souligne, l’universitaire Amady Ali Dieng. (Via RFI)



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