L'historien et romancier Ivan Jablonka lauréat du Prix Médicis

Antoine Oury - 02.11.2016

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Prix Médicis 2016 - Ivan Jablonka Médicis - Ivan Jablonka Laetitia ou la fin des hommes


Ni un roman ni un essai : le Prix Médicis de cette année 2016 revient à Ivan Jablonka pour LaëtitiaLaëtitia ou la fin des hommes en version longue, publié par les éditions du Seuil. Dans ce livre, l'auteur fait le récit du meurtre de Laëtitia Perrais, en 2011, au-delà de l'émotion publique et du scandale politique qui avaient suivis.

 

Ivan Jablonka lors d'une conférence en octobre 2015 (capture d'écran)

 

 

Dans la dernière ligne droite pour ce Prix Médicis, on dénombrait 15 romans, dont celui d'Ivan Jablonka, et 9 essais. Déjà récompensé par le prix littéraire du journal Le Monde pour Laëtitia, mais aussi par le prix du Sénat du livre d'histoire et le prix Guizot de l'Académie française en 2012, Ivan Jablonka a obtenu 5 voix contre 3 à Nathacha Appanah, en lice pour Tropique de la violence chez Gallimard, rapporte l'AFP.

 

Pour les besoins de son livre, l'historien avait assisté au procès du meurtrier, en 2015, et avait rencontré des proches de la victime. « J'ai une pensée pour Laetitia, pour sa soeur Jessica et pour tous leurs proches », a souligné l'auteur, en qualifiant le prix d'« extraordinaire honneur ».

 

Retrouver un extrait de Laëtitia.

 

En 2015, Nathalie Azoulai avait remporté le Prix Médicis pour Titus n'aimait pas Bérénice, publié chez P.O.L.

 

Le résumé de l'éditeur pour Laëtitia :

 

Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d'être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans.Ce fait divers s'est transformé en affaire d'Etat : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du " présumé coupable ", précipitant 8 000 magistrats dans la rue, en février 2011. Mais Laëtitia Perrais n'est pas un fait divers. Comment peut-on réduire la vie de quelqu'un à sa mort, au crime qui l'a emporté ? Pendant deux ans, Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille, sa soeur jumelle, ses parents, ses amis, les responsables des services sociaux, ainsi que l'ensemble des acteurs de l'enquête, gendarmes, juges d'instruction, procureurs, avocats et journalistes, avant d'assister au procès du meurtrier, en octobre 2015. De cette manière, Ivan Jablonka a pu reconstituer l'histoire de Laëtitia. Il a étudié le fait divers comme un objet d'histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer.

 

Jacques Henric a reçu le Prix Médicis de l'essai pour son ouvrage Boxe, également publié aux éditions du Seuil, tandis que l'écrivain suédois Steve Sem-Sandberg remporte le Prix Médicis du roman étranger pour Les Élus, publié par Robert Laffont dans une traduction de Johanna Chatellard-Schapira et Emmanuel Curtil.

 

Audrey Azoulay, ministre de la Culture, a souhaité saluer cette récompense : 

 

Ce roman intense, passionnant, est tout à la fois l’œuvre d’un sociologue, d’un romancier et d’un historien. Ivan Jablonka fait partager au lecteur la courte vie de Laëtitia, qu'il refuse de voir réduite aux conditions atroces de son assassinat. Son talent d'auteur et son travail en profondeur permettent de créer une empathie exceptionnelle envers Laëtitia ainsi que sa sœur jumelle Jessica.

Le livre montre aussi la violence faite aux femmes encore trop souvent à l'œuvre dans notre société et qui nous est rappelée parfois de façon spectaculaire à travers ce que l’on appelle des faits divers. La ministre tient également à féliciter Jacques Henric pour son ouvrage Boxe (Seuil), lauréat du prix Médicis de l’essai et l'écrivain suédois Steve Sem-Sandberg, lauréat du prix Médicis du roman étranger pour Les Elus (Robert Laffont).

 

 

Une double distinction pour la maison d’éditions du Seuil, à laquelle la ministre tient à rendre hommage ainsi qu’aux éditions Robert Laffont.

 

 

Retrouver la liste des prix littéraires français et francophones.