Salon du livre de Francfort : L'Indonésie, invité d'honneur, un pays 'sans lecteur' ?

Clémence Chouvelon - 12.06.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Indonésie - Lecteurs - Francfort


L’Indonésie sera l’invité d’honneur du Salon du Livre de Francfort, qui se tiendra du 4 au 18 octobre 2015. Si 93 % de la population sait lire et écrire, parmi les 250 millions d’habitants, le pays compte peu de lecteurs. Les Indonésiens sont friands d’histoires, de la lecture de contes et de poésie, et leur tradition reste principalement orale.​

 

Book swapping
Un échange de livres en Indonésie (世書 名付 CC BY 2.0)

 

 

L’éditeur John McGlynn explique que la littérature telle qu’on la connaît en occident « n’est pas enseignée dans les écoles. Les enfants apprennent à quelle époque Jane Austen a vécu, mais n’ont souvent jamais lu un de ses livres. C’est donc très étonnant qu’il y ait des auteurs ici. Après tout, où auraient-ils appris à écrire ? Certainement pas à l’école. » 

 

En quelques chiffres, l’Indonésie possède près de 1400 maisons d’édition, qui publient chaque année plus ou moins 24.000 titres. L’Allemagne, dont la population est bien moins grande, et qui possède plus de maisons d’édition, publie près de 12 fois ce volume per capita.  

 

« Les livres aux plus gros tirages — si on peut le dire ainsi — sont des romans populaires et religieux : une femme qui rencontre Dieu puis un mari, etc. », explique John McGlynn, « Il y a de plus en plus de livres publiés, mais la plupart sont terriblement mal écrits » 

 

Claudia Kaiser, du Salon du Livre de Francfort, explique pourquoi, en dépit de cela, l’Indonésie est un invité d’honneur de choix pour le Salon : « Ici, en Allemagne, l’Indonésie est plus ou moins un endroit désert sur la carte. Il est temps d’avoir une idée précise de ce qu’il s’y passe. » Le rôle d’un invité d’honneur au Salon du livre est de faire découvrir sa culture à travers la littérature. 

 

Les organisateurs attendent au moins 200 titres indonésiens traduits disponibles sur le Salon. « Nous aurions dû commencer à nous préparer il y a au moins dix ans », explique Goenawan Mohamad, le président de la commission de l’Indonésie en tant qu’invité d’honneur, « mais l’Indonésie n’a jamais été un pays qui joue avec l’avenir. Ce qui est désormais l’un de nos plus gros obstacles. »   (via Qantara