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THEATRE - L’Occupation, roman d’Annie Ernaux publié à l’hiver 2002 dans la collection Blanche de Gallimard est actuellement à l'affiche du Théâtre de l'Œuvre dans une mise en scène de Pierre Bradinas, jusqu’au 2 décembre. 
 

 

© Marion Stalens



 

Elle a quitté W, ça faisait cinq ans qu’ils étaient ensemble, elle a bien le droit de se lasser après tout.

Elle a quitté W, mais ils continuent de se voir, voire à coucher ensemble, de temps à autre. 

Elle a quitté W. Elle a retrouvé sa liberté et puis concrètement W n’est pas très loin, c’est pratique.

 

Pratique, jusqu’au jour où W lui annonce qu’il faudra se voir en cachette, qu’il ne faudra plus qu’elle l’appelle n’importe quand, W est de nouveau en couple et pire, W s’installe avec l’autre !
 

En quittant W, elle n’aurait jamais pensé qu’il pourrait la remplacer. Sommes-nous vraiment remplaçables ? Et puis c’est qui cette autre qui se permet d’entrer dans la vie de W ?

W ne lui en dit rien, W ne veut pas qu’elle sache. Est-ce que ça l’amuse ? Elle veut savoir, elle, qui est cette autre. Savoir au point que cela devient une obsession, son Occupation majeure.
 

Si la journée elle arrive à donner le change, le soir, la nuit, seule l’obsession revient, « j’étais maraboutée ». W ne veut pas lui dire son nom, qu’à cela ne tienne, le moindre détail dont il parlera lui donnera, à elle, un os à ronger !
Elle se transforme en détective, fière de la moindre avancée tout en étant terrorisée à l’idée de savoir. 

« Quelle rage a-t-on d'apprendre ce qu'on craint toujours de savoir ! » La phrase est de Beaumarchais et pourrait très bien résumer cette histoire, hélas commune, pathétique, qui nous fait perdre toute dignité, une histoire de jalousie.
 

De jalousie ou d’orgueil ? « Je voulais le ravoir ». S’agit-il d’amour ou d’un désir de possession ? S’agit-il de lui, ou de son ego blessé ? Me remplacer ? Moi ? « Ma souffrance au fond c’était de ne pas pouvoir le tuer », ainsi n’aurait-il plus appartenu à personne, jamais !
 

Et si W avait finalement décidé de revenir vers elle, qu’en aurait-elle fait une fois le sentiment de victoire passé ?


Elle, c’est ici Romane Bohringer qui apporte toute sa force au texte sans fioritures d’Annie Ernaux.
 

Tout comme le livre, la pièce interroge l’ego de chacun. Romane Bohringer y apporte un dynamisme incroyable, Christophe « Disco » Minck, un son hypnotique … un malaise aussi.

Moi aussi j’ai été comme ça, pathétique. Et vous ? Pas encore ? Pas encore …


 

Auteur Annie Ernaux
Mise en scène : Pierre Pradinas
Distribution : Romane Bohringer et Christophe « Disco » Minck

Dates et horaires : du 4 octobre au 2 décembre 2018, du jeudi au samedi à 19h et le dimanche à 17h30
Lieu : Théâtre de L’œuvre, 55 rue de Clichy, Paris 9ème, métro Place de Clichy (ligne 2 ) ou Liège (ligne 13)




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