La manifestation du Val-de-Marne, la Biennale internationale des poètes, « n’est pas tout à fait morte », plaisante-t-on. Après avoir eu toutefois très chaud : le Conseil départemental avait envisagé une coupe budgétaire de 50.000 €. Cette dernière serait réduite à 30.000 €, finalement.

 

Francis Combes, directeur de la Biennale

 

 

Confirmation a été donnée par l’adjointe à la Culture du Conseil départemental : la Biennale ne subira une diminution budgétaire que de 30.000 €, pour son édition 2017. « Nous serons contraints d’organisation une manifestation a minima, mais au moins aura-t-elle lieu », se réjouissent les organisateurs.

 

"L'argent est un bien mauvais maître, mais un fort bon serviteur"

 

Début janvier, la situation était critique : « Confronté à des difficultés (qui tiennent au désengagement de l’État), le Département du Val-de-Marne, qui l’a soutenue dès l’origine, réduit aujourd’hui sa subvention d’environ un tiers ; ce qui risque d’entraîner licenciements et cessation d’activité », soulignait alors Nelly George-Picot, secrétaire générale.

 

Mais entre temps, une campagne de soutien avec près de 600 signatures a été lancée, et des personnalités de renom s’y sont associées. De quoi, peut-être, aiguillonner le Conseil départemental, et pousser à réviser son jugement. La rencontre avec les pouvoirs publics s’est déroulée en début de semaine, et la Biennale a obtenu gain de cause. « Il faut encore que le budget soit voté, début février », nous indique la secrétaire générale.

 

« L’avenir reste problématique, puisqu’entre 2016 et 2017, nous avons perdu 60.000 € de financements publics. Il va nous falloir chercher et trouver de nouveaux modèles. Et personne n’ignore que nous entrons désormais dans une année complexe, avec les changements que les élections occasionneront. »

 

Pour l’édition 2017, c’est l’Amérique latine et ses poètes qui doivent être à l’honneur. « Nous avons des pistes de partenariat avec une manifestation brésilienne, qui pourrait prendre en charge le déplacement de certains auteurs. Et puis, c’est l’année de la Colombie en France : peut-être là aussi pourrions-nous trouver des alternatives. »

 

2017, un second souffle pour la poésie en France ?

 

L’idée d’un crowdfunding est également évoquée. La campagne de financement participatif pourrait bénéficier d’un large éclairage – plusieurs manifestations poétiques d’ampleur sont prévues prochainement. Bien entendu, le Printemps des poètes, mais également les États généraux, qui doivent se dérouler durant le marché de la poésie.

 

« Bien entendu, pour la Biennale, ma solidarité est complète, entière, active, et dynamique. Sans aucun doute, c’est une vilenie de plus, qui exprime un symptôme, un de plus, d’un mal plus profond et ancien, de nature tant politique qu’idéologique », assurait d'ailleurs à ActuaLitté Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des poètes.

 

“On entend ces propos hypocrites qui célèbrent la culture”, en la privant de moyens 

 

D’un autre côté, le discours du président du Centre national du livre, Vincent Monadé, pourrait également laisser espérer des jours meilleurs. Au cours de ses vœux, il assurait en effet : « Il me paraît nécessaire de réfléchir à la diffusion de la poésie et d’innover, de faire des propositions pour que cet art majeur retrouve la place qui devrait être la sienne. »

 

« Ce n’est plus la mort immédiate pour La Biennale », soupire Nelly George-Picot. « Les conditions seront simplement plus difficiles. »