La BookExpo America, un bon reflet du marché de l'édition

Clément Solym - 02.06.2009

Culture, Arts et Lettres - Salons - bookexpo - america - reflet


La BookExpo America qui se tenait au Javits Center à New-York était un bon reflet des tendances et inquiétudes qui régissent le marché du livre en Amérique.

On pouvait y constater un certain repli des gros éditeurs comme Random House, qui ont décidé de miser moins sur les Salons et Foires, se raccrochant à coup de grandes banderoles à leurs livres vedettes. Des best-sellers à l'image des blockbusters du cinéma.


Et ce n'est pas la banderole géante érigée en plein milieu du Javits Center pour la suite du Da Vinci Code, The Lost symbol qui fera mentir cette image. L'exposition en elle-même était en léger repli, occupant 21 % d'espace en moins que l'année dernière, et ne devant plus décoler de New-York jusqu'en 2012.

Blockbusters contre convivialité

D'un autre côté, on pouvait voir des éditeurs indépendants ravis d'avoir plus de place et de visibilité. Envisageant l'avenir avec peut-être un peu moins d'inquiétude que les grandes maisons. Ils partagent pour la plupart une vision plus conviviale et dynamique de leur relation aux auteurs et aux lecteurs.

Le troisième point important, à la convergence des deux précédents et celui de la mutation du marché. D'un côté l'on s'inquiétait de la montée en puissance d'Amazon et de son Kindle mais aussi des risques de piratage des ebooks. De l'autre, on se laissait séduire par les possibilités de ce nouveau marché.

La démonstration faite par PublicAffairs, une division de Perseus, sur la viabilité du système de l'impression à la demande était édifiante. En effet, PublicAffairs a décidé d'éditer un livre pendant la BookExpo America. Le livre de poche de 134 pages en question se nommait Book : The Sequel (Livre : La suite). Le travail a commencé le jeudi à 16h et s'est terminé le samedi après-midi avec sa distribution.

L'impression à la demande mise en avant

Il s'agissait d'un livre qui donnait des pistes en quelques lignes pour inventer des suites à des romans célèbres. On pouvait par exemple trouver une idée de suite au Book of Common Prayer, dont le titre imaginé par Lauren Gilbert était Facebook of Common Prayer. les premières lignes de cette suite était : « Vous avez une demande d'ajout d'ami de Dieu. Confirmer cette demande ou ignorer ? »

Si les textes pouvaient être anecdotiques, la démonstration elle ne l'était pas. Elle mettait bien en lumière l'efficacité de l'impression à la demande qui en somme est peut-être une suite du marché du livre.

L'impression à la demande était aussi soutenue par une autre démonstration, celle de l'Espresso Book Machine (La machine à livres expresso). Ce grand ordinateur copieur était capable d'imprimer un livre poche en quatre minutes. Bref l'impression à la demande était cette année mise en avant comme une solution pour les éditeurs dans ce marché en mutation.

Cette année peut-être plus encore que les autres la BookExpo America aura été le reflet du marché du livre. Ses inquiétudes, ses tendances mais aussi sa transformation et les solutions d'adaptation envisagées face à celle-ci.