La Chine fait son show à la London Book Fair 2012

Clément Solym - 16.04.2012

Culture, Arts et Lettres - Salons - London Book Faire 2012 - Chine - Royaume-Uni


Les organisateurs de la London Book Fair 2012 (LBF) s'attendaient forcément à quelques remous en faisant de la Chine leur invitée d'honneur de sa 41e édition. Alors que la superstar de l'art contemporain Ai Weiwei dénonce une nouvelle fois la censure du web au pays de la Grande Muraille, les 21 auteurs chinois invités ont été pris pour cible par les dissidents, qui dénoncent une validation occidentale des méthodes du régime.

 

« La programmation fait une place à de nombreux auteurs, dans des genres bien différents, et elle a fait venir au Royaume-Uni la délégation la plus importante d'écrivain chinois. Les rencontres de cette semaine sont une véritable opportunité pour approfondir et renforcer nos liens commerciaux et culturels avec la Chine. » Voilà pour la version officielle, tirée d'une lettre d'Alistair Burtenshaw, directeur de la LBF et de Susie Nicklin, responsable littérature du British Council. Tous deux insistent sur le travail commun avec l'administration chinoise pour choisir les auteurs les plus à même de porter bien haut la bannière du pays.

 

LBF, vraiment « fair » ?

 

Force est de constater que les évènements leur donnent pour l'instant raison : Woodhead Publishing Online, un éditeur britannique indépendant, vient ainsi de signer un deal pour la distribution de ses titres sur le territoire chinois pendant 3 ans.

 

Pour le reste, les participants à la LBF sont accusés de s'asseoir sur la liberté d'expression, sûrement pour être plus à l'aise au moment de la signature des contrats. Entre temps, le fameux dissident Ai Weiwei a une nouvelle fois attiré l'attention de la planète sur la censure du web assurée par le gouvernement chinois : « L'ordinateur du gouvernement n'a qu'une touche : "Suppr" » a écrit Weiwei dans un article du Guardian.

 

Ses compatriotes lui ont fait honneur en dénonçant la grande hypocrisie de la London Book Fair : « L'ouest ne devrait pas se laisser berner, il en peut y avoir qu'un gagnant avec des dialogues tronqués comme celui-ci. En excluant des indépendants, des voix dissidentes, de la discussion, les institutions culturelles britanniques font des courbettes au gouvernement chinois et approuvent ses méthodes de répression de la liberté d'expression » a condamné Ma Jian, un auteur chinois exilé à Londres. Lui et d'autres dissidents critiquent vivement la collaboration des organisateurs avec l'Administration générale de la Presse et de l'Édition en Chine (GAPP), organe du pouvoir qui assure la censure de tout discours critique.

 

Tian' anmen, le Tibet, la légitimité du Parti Communiste, autant de points chauds qu'il est d'ores et déjà interdits d'évoquer avec les journalistes. L'Independent Chinese PEN Center (ICPC) a lui aussi exprimé sa surprise en voyant la programmation du Salon qu'il juge « choquante » car dépourvue de voix dissidentes. L'ICPC estime que 35 écrivains sont emprisonnés en Chine, et note que le nombre de mises sous surveillance et autres détentions préventives a considérablement augmenté depuis quelques années.




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